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Quelle différence y a-t-il entre les rêves et les hallucinations hypnagogiques ou hypnopompiques ?  

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Les hallucinations peuvent, en théorie, mettre en jeu nos cinq sens. Trois sensations sont les plus fréquentes :
.       voir des personnes ou des objets qui ont toute l'apparence du réel, mais ne le sont pas ,
.       entendre des voix des bruits ou des sons organisés,
.       sentir sur le corps que quelque chose ou quelqu'un vous touche, en y incluant les sensations de mouvements et les variations de la posture corporelle.
Les deux autres sont beaucoup plus rares, voir exceptionnelles.
.       sentir le goût du contenu de la bouche.
.       Sentir des odeurs
Les hallucinations sont dites « simples » si elles ne mettent en jeu qu'un seul de nos sens, elles sont dites « complexes » si plusieurs sens sont associés... La différence se fait par le mode de production... encore que ... ! Le rêve est principalement produit (8 fois sur 10) pendant la phase de sommeil paradoxal, ce qui n'est pas le cas de l'hallucination. Scientifiquement, on ne connaît pas encore la fonction physiologique du rêve. On sait seulement comment il se passe et dans quelles conditions. Pourquoi il existe et pourquoi il a cette forme ? C'est encore au stade des hypothèses même si elles sont scientifiques.

Les hallucinations chez les narcoleptiques se passent en état intermédiaire entre l'état de rêve et l'état de veille. La distinction peut être subtile mais elle est importante si l'on raconte cela à un psychiatre non formé aux problèmes des troubles du sommeil narcoleptique ! Dans ces mêmes états intermédiaires, il peut se produire des paralysies du sommeil. Elles peuvent accompagner ou non des hallucinations. La personne est dans l'impossibilité de bouger alors que son cerveau semble éveillé et en pleine conscience. Cela peut être très rapide ou durer plusieurs minutes et être plus ou moins angoissant. Les hallucinations, dans la narcolepsie, semblent se passer principalement dans la phase de "transit" entre état d'éveil et endormissement. Mais parfois cette phase est tellement rapide (endormissement "flash") qu'il peut ne pas y avoir conscience de l'endormissement mais seulement de l'hallucination, comme si la personne vivait un « rêve réel » tout en étant réveillé. Ce pourrait être la différence d'avec les hallucinations de type psychotique qui, elles, se passent à l'état de conscience et « ne cèdent pas » du tout au travail de critique raisonnable que les narcoleptiques peuvent faire de leurs hallucinations.

Les psychiatres "orthodoxes" considèrent avant tout que si l'on parle d'hallucinations cela doit être rattaché à des manifestations psychotiques ou toxicomaniaques. A Nantes, lors de l'Assemblée Générale de l'ANC en 2007, les psychiatres présents avaient devant eux une assemblée de personnes, à priori ni psychotiques ni toxicomanes, qui faisaient part de leurs difficultés à être entendues par les médecins quand ils parlaient de leurs hallucinations. Cela semble les avoir beaucoup étonnés et intéressés... Mais ils n'étaient pas tous là ! Quand, dans leur formation, les médecins auront-ils une approche complète des maladies du sommeil et des manifestations hallucinatoires qui peuvent les accompagner ? Dans la théorie psychanalytique, l'approche peut être parfois identique en considérant que ce sont les mêmes processus mentaux qui conduisent à la production des rêves et des hallucinations. C'est plus une opinion théorique qu'une approche scientifique.

 
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Les psychiatres "orthodoxes" considèrent avant tout que si l'on parle d'hallucinations cela doit être rattaché à des manifestations psychotiques ou toxicomaniaques

Voici ce que m'a dit mon neurologue spécialiste du sommeil la fois où je lui ai parlé de mes hallucinations et combien elles sont la plupart du temps pénibles jusqu'à douloureuse à vivre :

"Les hallucinations peuvent être rapprochées de se que vivent les schizophrènes.  Ce sont des manifestations complètement en dehors de la réalité. Et pourtant,  les sensations sont telles qu'ont à l'impression qu'elles sont bien présentes. 

La seule différence entre une personne atteinte de narcolepsie et un schizophrène est :

le narcoleptique sait que cet état n'est pas réel et fait tout pour en sortir plus ou moins vite quand il le peut;

alors que pour le schizophrène, cet état est Sa réalité. "

Cela m'a vraiment marqué.