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y a-t-il des recherches psychologiques et médicales sur les hallucinations dans la narcolepsie ?  

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Après recherche sur le Web, on peut trouver ce document du CNRS qui traite de la narcolepsie, des rêves et des hallucinations hypnagogiques à la page suivante :

http://cat.inist.fr/?aModele=afficheN&cpsidt=13626172

L’auteure est la française CHETRIT Magali. Voici un résumé.

Ses recherches “portent sur les caractéristiques des rêves des narcoleptiques, ainsi que sur les hallucinations hypnagogiques, ces « visions » souvent terrifiantes qui surviennent à l’endormissement et qui constituent l’un des signes cliniques du diagnostic.” Elle compare, en particulier, plus de 361 récits de rêves et 10 récits d’hallucinations hypnagogiques chez des patients narcoleptiques appariés à des personnes sans problème venus dormir en laboratoire de sommeil : 5 hommes et 10 femmes . Elle en conclut que «les récits de rêves des narcoleptiques étaient plus longs que ceux des sujets sains après réveil en sommeil lent». Ceci pourrait signifier que, chez les personnes narcoleptiques, l’activité cérébrale en sommeil lent est plus propice à l’activité onirique que dans la population normale.

Pour rappel, Michel Jouvet a déjà montré que, dans la population normale, une personne raconte un rêve 8 fois sur 10, lorsqu’on la réveille en état de sommeil paradoxal.

L’auteure rappelle aussi qu’il existe une «hypothèse physiopathologique d’une dissolution des limites entre les différents états de vigilance dans la narcolepsie, ici entre sommeil lent et sommeil paradoxal.» «Un autre élément est le sentiment d’être conscient au cours des rêves, et de l’état hypnagogique.» Magali Chetrit pense que «dans de nombreux cas il ne s’agit en fait que d’une illusion de conscience car le sujet hallucine son corps et sa chambre.» Elle propose alors «une nouvelle définition de l’hallucination hypnagogique, incluant le corps et l’environnement : l’état hypnagogique peut être pensé comme un danger menaçant le soi et le chez-soi. Cette définition possède deux avantages : être applicable aux deux grands types d’hallucinations, dites “simples” et “complexes”, et ouvrir des perspectives interprétatives : l’hallucination hypnagogique constituerait alors le signe clinique d’un danger réel ou imaginaire menaçant l’intimité du sujet.»

Si ce travail est très intéressant, il ne peut échapper à la critique du petit nombre de personnes dans les populations étudiées… Il faudrait, pour que ces conclusions prennent valeur scientifique que cette recherche soit reproduite avec davantage de personnes. Ce que sa recherche montre peut paraître évident aux personnes narcoleptiques parce que nous le vivons parfois quotidiennement.

Il faut savoir que jusqu’à maintenant, notre type d’hallucination n’était ni décrit dans la littérature médicale ni dans les dictionnaires de médecine ou de psychologie. On y mentionne que, passagère, elle peut aussi être le fait de personnes mentalement normales. Cependant, il est surtout question des hallucinations dans le monde des maladies mentales. Une personne narcoleptique qui va raconter ses hallucinations à son médecin généraliste a donc de fortes chances d’être orienté vers un médecin psychiatre qui a de fortes chances d’émettre un diagnostic en rapport avec des phénomènes de l’ordre de la schizophrénie du fait de leur caractère étrange et répétitif. Et vogue la galère !

On peut trouver aussi trouver de plus amples développements sur notre site dans le glossaire :
Site > Glossaire > Hallucination

Il existe surement d’autres pistes ; les contributions et les apports à ces recherches bibliographiques sont les bienvenus.