Hypersomnie idiopathique avec ou sans durée de sommeil allongée

sleepmedecine

Idiopathic hypersomnia with and without long sleep time : a controlled series of 75 patients Cyrille Vernet and Isabelle Arnulf

Et oui voici mon premier papier accepté dans la revue SLEEP

Objectif :

Le but de cet article est de comparer les deux groupes de patients atteints d’hypersomnie idiopathique qui ont ou non un temps de sommeil allongé (plus de 11 heures).

Sujets :

75 patients atteints d’hypersomnie idiopathique, d’âge moyen 34±12 ans, ont été inclus dans cet étude ainsi que 30 témoins appariés.

interventions :

Les patients et les témoins ont bénéficié d’un interrogatoire face à face, d’un génotypage HLA et d’un enregistrement polysomnographique de 48 heures incluant les tests itératifs de maintient d’éveil (TILE) et un enregistrement de longue durée.

Analyse :

Les résultats cliniques et polysomnographiques sont comparés à ceux d’un groupe de témoins sains. C’est une nouveauté puisqu’habituellement les comparaisons sont faites entre patients (hypersomnie idiopathique, narcolepsie…).

Résultats

Par rapport aux témoins sains, les patients atteints d’hypersomnie idiopathique étaient plus fatigués, avaient un score d’anxiété et de dépression supérieur, avaient plus souvent des hallucinations hypnagogiques (24%), des paralysies du sommeil (28%), de l’ivresse de sommeil (36%) et des siestes non récupératrices (46%) que les témoins. Les patients étaient plus souvent du soir. Le génotype HLA DQB1*0602 était aussi fréquent chez les hypersomniaques (24.2%) que chez les contrôles (19.2%). Les patients atteints d’hypersomnie idiopathique avaient plus souvent du sommeil lent profond après 6 heures du matin que les contrôles. Pendant la polysomnographie de longue durée (24 heures), l’intervalle de confiance à 95% du temps de sommeil total était de 493-558 min chez les contrôles contre 672-718 min chez les hypersomniaques.

Il y avait 40 hypersomniaques avec et 35 hypersomniaques sans long (>600 min) temps de sommeil. Les patients souffrant d’hypersomnie idiopathique avec long temps de sommeil étaient plus jeunes (29±10 vs 40±13 y, P=0.0002), maigres (indice de masse corporelle : 26±5 vs 23±4 kg/m2 ; P=0.005), avaient un score de Horne-Ostberg plus bas et de plus grandes efficacités de sommeil que les patients souffrants d’hypersomnie idiopathique sans allongement du temps de sommeil. Les latences moyennes d’endormissement aux TILE étaient normales (>8 min) chez 71% des hypersomniaques avec temps de sommeil allongé.

Conclusions :

L’hypersomnie idiopathique, et spécifiquement avec un temps de sommeil allongé, est fréquemment associée avec un chronotype du soir et un âge jeune. L’hypersomnie est mal diagnostiquée avec le TILE.

Sur le Web: Cliquez pour voir l’article de Cyrille Vernet en format Pdf et en anglais (27 pages)
Pour les accros aux difficultés de lecture des recherches biomédicales scientifiques qui souhaiteraient de plus amples informations ou, pourquoi pas, la communication de l’article en français, ils peuvent le demander à VERNET@chups.jussieu.fr

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