Aboulie

C’est un ralentissement du fonctionnement mental qui s’accompagne de l’abolition de la volonté et de difficultés à passer de l’idée à l’acte. Le psychiatre Pierre Janet distinguait deux sortes d’état : l’aboulie motrice qui correspond à la définition qui vient d’être donnée et l’aboulie intellectuelle qui semble mieux correspondre à ce que peuvent vivre parfois certains narcoleptiques.
Cette aboulie intellectuelle est la conséquence de la baisse de vigilance et des capacités attentionnelles de la personne qui doute de la réalité de ce qu’elle peut vivre et qui se trouve dans des états mentaux intermédiaires entre rêve et éveil. Dans ce cas, les capacités de mentalisation sont conservées : la personne a une pensée logique et consciente, à l’inverse des états de démence.
Lorsque ce n’est pas trop grave, la personne a seulement des difficultés à soutenir son action et à passer de ses idées à leur réalisation avec une sensation de pénibilité, de lenteur et de mollesse corporelle. Lors de l’aggravation des troubles, tous les actes moteurs deviennent difficiles, même les plus simples et la personne semble démissionner progressivement devant des difficultés qui lui apparaissent insurmontables. Elle peut finir par ne plus quitter son lit.
Les aboulies se rencontrent le plus fréquemment dans les états de dépressions, d’inhibition, de mélancolie. Dans les cas très graves de mélancolie, l’aboulie conduit à des sentiments d’auto accusation très douloureux qui conduisent parfois la personne à s’accuser de façon délirante.
Les commotions cérébrales peuvent aussi entraîner des ralentissements psychiques et des phases d’aboulie. Les toxicomanies et l’alcoolo dépendance peuvent conduire à des aboulies graves.
Certaines personnes, sans problème intellectuel, peuvent rester toute leur vie des êtres mous, sans envie, sans ressorts, sans motivation et apparaître paresseux et incapables d’effort pour s’adapter socialement. Chez d’autres personnes, un état de doute permanent sur la réalité de ses représentations mentales, l’incertitude face à des pensées hallucinatoires hypnagogique ou hypnopompique, entraînent hésitation, indécision, inaction, dans un état proche de la psychasthénie. Cette névrose, englobant angoisse, phobie et obsession, ne correspond pas à ce que peuvent vivre les narcoleptiques. Elle s’accompagne cependant de sentiments d’étrangeté du monde extérieur, de sentiments de dépersonnalisation ou d’incomplétude qui peuvent conduire à la faire confondre avec les états accompagnant les hallucinations chez les narcoleptiques.

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