Forums de la narcolepsie et hypersomnie idiopathique
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Bonjour à tous,

Dans le cadre de ma thèse de doctorat en psychiatrie, je m'intéresse aux hallucinations du sommeil (hypnagogiques et hypnopompiques). Je fais des recherches quant au vécu de ces hallucinations, au ressenti qui en découle, aux interrogations à ce sujet, aux orientations qui sont proposées mais également au risque de mauvais diagnostic (schizophrènie ou autre psychose).

Je me permets donc de poster ce post ici afin de savoir si certaines personnes aimeraient témoigner à ce sujet afin de m'aider dans mes recherches.

D'avance, je vous remercie grandement. Bon courage à tous.

Vic

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Bonjour,

Depuis que je suis narcoleptique, le sommeil n'est plus un -rien-. Le sommeil ressemble désormais plus à celui de l'enfance par certains aspects. En particulier, la position de conscience par rapport à ses rêves ou hallucinations pendant le sommeil est assez étonnante.

Je suis tombé par hasard hier sur ce podcast, qui appelle ça "rêve lucide". En tout cas, il y a très probablement à mon sens de la matière pour une thèse de doctorat.

Bon courage

https://podcasts.apple.com/fr/podcast/choses-%C3%A0-savoir-sciences/id1057845085?i=1000477446756

Entre autres, j'ai appris comment le cerveau pouvait mentir avec tellement de "preuves" en termes de sensations!

Je relativise bien plus que l'état de certitude dont quelqu'un témoignerait à partir de ses sensations : je l'ai vu, j'ai eu mal... Il ne me semble plus du tout impossible que quelqu'un ait vécu quelque chose qui ne s'est pas passé, mais que son cerveau lui a fait vivre.

Certains narcoleptiques témoignent de confusions entre rêve et réalité, et il existe évidemment des maladies bien plus graves où ça va au-delà de la confusion. Je crois que c'est le réalisme du rêve (d'où le terme hallucination) qui fait toute la différence. Je pense par exemple à cette maudite chatte venue déranger ma courte sieste. Je l'ai sentie : ses poils dans le nez quand elle a grimpé sur le fauteuil du coté de ma tête, son poids m’empêchant de respirer normalement, ses pattes sur mon ventre en pleine digestion... j'aurais parié cher, qu'elle se cachait pour éviter que je lui interdise de recommencer... mais en me levant après ces 15 minutes de sommeil, elle grattait derrière la porte pour entrer dans la maison ! Si quelqu'un d'autre avait été dans la maison ou avait ouvert la porte, j'aurais eu certainement beaucoup de mal à admettre ce qui était l'une de mes premières hallucinations de narcoleptique.

J'extrais de cet apprentissage à partir de ma maladie une bien meilleure compréhension des maladies psychiatrique je crois. C'était une matière énigmatique dans laquelle je n'arrivais pas à rentrer.

Je suis aussi résolument optimiste sur la capacité de traitements chimiques actuels et futurs. Je mesure en effet bien plus comment le cerveau se nourrit de substances, est "organique" et peut être perturbé dans son fonctionnement en cas de déséquilibre. Je n'ai plus de doute sur la capacité des médicaments de traiter les troubles psychiatriques liés à ces causes "chimiques".

Un point que je n'arrive pas encore à éclaircir complètement est le rôle de l'environnement sur le rêve. Le lieu où on dort, mais surtout la lumière et plus encore la présence d'une autre personne à proximité me semble faire varier significativement les séquences hypnagogiques...

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