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origine génétique ou due à un accident?  

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Salut tout le monde cette question me brûle il y a longtemps :Comment peut-on s'assurer si cette narcolepsie est d'une origine génétique ou due à un accident .Pourriez vos m'aider à savoir la réponse. Merci d'avance. :coeur:

3 Answers
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Et ce dernier texte qui peut éclairer les diférentes hypothèses possibles :
Sources :  http://neurobranches.chez-alice.fr/sommeil/narcolepsie2.html

L'INNÉ ET L'ACQUIS - LA NARCOLEPSIE, UNE MALADIE AUTO-IMMUNE

La physiopathologie de la narcolepsie reste à élucider et certaines hypothèses ouvrent des voies passionnantes de recherche. Les problèmes actuels reposent :

 

  • sur l'origine génétique ou non de la maladie
  • sur les rapports qui pourraient exister entre les mécanismes inducteurs du sommeil et le système immunitaire - faisant de la narcolepsie une maladie autoimmune.

La toute récente découverte des orexines A (hypocretine-1) et B (hypocretine-2) et de leur lien avec la narcolepsie relance le débat sur l'origine auto-immune de la maladie.

NARCOLEPSIE ET SYSTÈME HLA

Dans les années 80, on a pu démontrer chez l'homme une association entre la narcolepsie et HLA DR2-DQw1, soulignant pour la première fois la possibilité d'une affection du sommeil liée au système HLA. Une telle association peut s'expliquer :

  • Soit parce que HLA DR2-DQw1 est impliqué dans un processus dysimmunitaire entrant dans la physiopathologie de la maladie - la narcolepsie entrant alors dans le cadre des maladies auto-immunes comme le diabète insulino-dépendant ou la sclérose en plaques
  • Soit parce qu'un gène non immunologiquement lié à la maladie porte la susceptibilité à la narcolepsie - comme c'est le cas du gène de la 21-hydroxylase responsable de l'hyperplasie congénitale de la surrénale - et se trouve en déséquilibre de liaison avec HLA DR2-DQw1.

Chez 236 sujets apparentés au premier degrè à un narcoleptique, le risque morbide de la maladie est 46,5 fois supérieur à celui de la population générale. Il reste que 25% des cas de narcolepsie familiale sont négatifs pour HLA DQB1*0602. Il est difficile avec les données actuelles de définir exactement le mode de transmission de la maladie. On peut proposer qu'il soit le plus souvent multifactoriel incluant les gènes DRB1*1501 et DQB1*0602 (cf. tabelau ci-dessous) et un ou plusieurs facteurs de l'environnement. En effet, chez 75% des paires de vrais jumeaux examinés pour la narcolepsie, un seul des jumeaux présente la maladie - ce qui souligne l'importance des facteurs environnementaux. La recherche des facteurs environnementaux en est à ses débuts. Un stress psychologique sévère (divorce, deuil), un changement du rythme veille-sommeil, un accident, une maladie (circonstances déclenchantes) précèdent souvent de quelques semaines l'apparition des accès de sommeil et/ou de cataplexie.

 
HAPLOTYPES HLA LIÉSÀ LA NARCOLEPSIE  LIENS DES HAPLOTYPES IDENTIFIÉSÀ LA NARCOLEPSIE
DR2 DQw1 Caucasoïdes 85% - 98% DR2
DR15 DQ6 Narcoleptiques afro-américains 70% DR15 - 100% DQ6
DRB1*1501 DQA1*0102


DQB1*0602

Narcoleptiques afro-américains
Narcolepsie - Cataplexie


POPULATION GÉNÉRALE

100% HLA DQB1*0602
90% HLA DQB1*0602


10% - 40% HLA DQB1*0602

   

UNE DECOUVERTE RECENTE : LES NEURONES A OREXINESRCOLEPSIE ET OREXINES

Les orexines A (hypocretine-1) et B (hypocretine-2) sont des peptides récemment découverts contenus exclusivement dans une population de neurones localisés dans l'hypothalamus postérieur. Ces peptides jouent un rôle dans la prise alimentaire et le contrôle du métabolisme de base - en relation avec le neuropeptide Y (NPY) :

  • L'hypoglycémie induite par l'insuline entraîne une augmentation très importante du taux du précurseur des orexines
  • Les souris génétiquement obèses ont une dysrégulation de l'expression des gènes des orexines
  • Des microinjections d'orexines stimulent l'appétit et augmentent le métabolisme de base

Les neurones à orexines ont des projections denses sur plusieurs populations neuronales impliquées dans le maintien de l'éveil comme les neurones sérotoninergiques du raphé, les neurones nor-adrénergiques du locuc coeruleus, les neurones histaminergiques de l'hypothalamus postérieur comme sur les structures neuronales impliquées dans l'exécution du sommeil paradoxal (neurones SP-on). Ils projettent également sur le cortex et peuvent donc influencer directement l'activité corticale. En outre, ils émettent des projections vers le système limbique. Cette projection pourrait jouer un rôle crucial dans la narcolepsie du fait de l'importance du système limbique dans l'émotion (rôle des émotions dans le déclenchement des accès de cataplexie). Deux types de récepteurs ont été identifiés : le type 1 se trouve dans le tronc cérébral - le type 2 dans la partie antérieure du cerveau. Les récentes études - chez l'homme comme chez l'animal - montrent que l'inactivation des orexines entraîne une narcolepsie. Les recherches actuelles laissent la marge à deux hypothèses :

  • Une action inhibitrice directe des orexines sur les systèmes exécutifs du sommeil paradoxal (neurones SP-on)
  • Une action des orexines sur le cerveau antérieur - en particulier, sur le système limbique (stimuli à composante émotionnelle).

La voie de recherche actuelle est que, chez les patients narcoleptiques, les neurones à orexines auraient été détruits par une attaque autoimmune - rendant ainsi la narcolepsie très comparable au diabète juvénile insulino-dépendant où le système immunitaire détruit les cellules pancréatiques responsables de la synthèse de l'insuline. Le gène humain du précurseur des orexines est situé sur le chromosome 17q21-22, locus connu pour intervenir dans des maladies neuro dégnératives. En théorie, le traitement des narcoleptiques par des agonistes des orexines devrait permettre de traiter la maladie, les récepteurs étant à priori intacts chez la plupart des patients.

 

Ce message a été modifié Il y a 4 jours 5 fois par admin
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La Narcolepsie avec Cataplexie, la pure , la dure, avec les informations spécifiques de cette maladie dans la forme la plus extrême, se définie ainsi :

La narcolepsie avec cataplexie provoquée par des émotions positives, HLA DQB1*0602 positif, latence d'endormissement aux TILE inférieure à 8 minutes, présence d'au moins 2 endormissements en SP durant le TILE, taux d'hypocrétine indétectable dans le liquide céphalo rachidien...

La Narcolepsie Sans Cataplexie (en tant qu'Hypersomnie Secondaire)

La narcolepsie est souvent classée a tort dans les hypersomnies. C'est le trouble provoquant la plus forte hypersomnolence mais dans la narcolepsie classique on n'a pas de vrai hypersomnie avec allongement de la durée de sommeil. Cependant on peut avoir une narcolepsie associée à une hypersomnie : dans ce cas les patients s'endorment très rapidement, et ont une longue nuit avec des ivresses de sommeil.
    De plus la narcolepsie peut faire suite à un infarctus ou résultée des lésions hypoxiques faisant suite aux apnées avant le traitement; dans ce cas la personne ne possède généralement pas le marqueur HLA DQB1*0602.
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J'aime bien le travail de ces étudiant aussi sur le sujet :
Source :  http://blog.reseau-morphee.fr/2016/06/06/regard-narcolepsie-episode-3/

UN AUTRE REGARD SUR LA NARCOLEPSIE, ÉPISODE 3

Contenu publié le : 6 juin 2016 et modifié le: 27 mai 2016

Dans le cadre de leur TPE (Travaux Personnels Encadrés), trois lycéennes se sont penchées sur la narcolepsie, et ont présenté leur travail sous une forme originale : le carnet de bord d’un journaliste découvrant la narcolepsie de son neveu. Pas à pas, on suit les recherches et les découvertes du tonton reporter.  Vous pourrez ainsi suivre les huit épisodes, chaque semaine jusqu’aux vacances d’été !

Bravo à Clémence Faroult, Albane Bouchaud et Mathilda Jehan du lycée Saint Jean Hulst à Versailles pour la qualité de leur travail et bonne lecture aux internautes pour une meilleure connaissance de cette maladie rare !

Mais qu’est-ce que le système HLA ?

« Après de nombreuses analyses par techniques de biologie moléculaire, j’ai remarqué par un typage HLA II  la présence du gène HLA DR15 DQB1*0602  chez Jonathan. Moi-même, en tant qu’individu non atteint, je ne le possède pas. »

“HLA” est une abréviation pour “Human Leucocyte Antigen”, et est aussi connu  en français sous le nom de “CMH”, qui signifie “Complexe majeur d’histocompatibilité”.
Il est situé sur le bras court du chromosome 6, qui possède plus de 200 gènes. Quarante gènes codent pour les molécules HLA. Les gènes HLA sont séparés en deux classes, et chaque classe possède de nombreux allèles.
Ce système est un intermédiaire, il produit des molécules qui présentent des antigènes aux lymphocytes T (les globules blancs). Les lymphocytes T apprennent alors à reconnaître toutes ces substances étrangères à l’organisme devant être détruites.

hla1

hla2

Après avoir consulté de nombreux ouvrages, j’ai retenu une hypothèse qu’un scientifique avait émise : le gène HLA DR15 DQB1*0602 est-il à l’origine de la narcolepsie?

Cette hypothèse méritait, me semblait-il, d’être vérifiée.
J’ai donc effectué un test sur des Doberman, une race de chien qui, à ma connaissance, peut-être atteinte de cette maladie. Sur un échantillon de dix chiens malades, neuf d’entre eux avaient le marqueur équivalent de ce gène. J’en ai déduit que ce gène pouvait être un gène de prédisposition.
Parallèlement, d’autres ouvrages scientifiques le confirmaient pour l’homme: “ l’allèle DQB1*0602 est présent chez 97% des personnes narcoleptiques avec cataplexie, contre 20% chez des individus sains. 3 à 10% des narcoleptiques sont non porteurs de l’allèle”. Ainsi, ce gène n’est donc ni suffisant, ni nécessaire à l’apparition de la maladie, mais augmente toutefois les risques de développer la maladie au cours d’une vie. Aussi, il se transmet sur le mode autosomique récessif, c’est à dire qu’un être vivant doit hériter de chacun des allèles mutés de ses deux parents pour être porteur de la maladie. Dans le cas du doberman, le gène codant le récepteur 2 de l’hypocrétine a subi une mutation, ce récepteur est alors déficient et ne répond pas aux signaux d’éveil de l’hypocrétine, ce qui entraîne la maladie.

J’ai remarqué que chez Jonathan, les récepteurs à hypocrétine sont normaux, il n’y a pas de mutation du gène codant, son cas n’est donc pas le même que celui du Doberman. Je ne parviens pas à comprendre, que se passe-t-il réellement du côté de Jonathan ?

immunite

J’ai approfondi mes recherches, et j’ai enfin compris. Certes les récepteurs à hypocrétine de Jonathan sont normaux, mais il y a cependant des lésions dans l’hypotalamus postérieur, zone où les neurones produisent l’hypocrétine. Ces neurones sont détruits, et l’hypocrétine-1 est produite en trop petite quantité, c’est pourquoi Jonathan a des attaques subites de sommeil, comme pour le Doberman.  C’est en me rappelant la phrase “l’allèle DQB1*0602 est présent chez 97% des personnes narcoleptiques avec cataplexie” et en complétant mes recherches, que j’ai fait le lien avec le système HLA : j’ai compris que la narcolepsie pourrait être une maladie auto-immune. De ce fait, le système immunitaire de Jonathan est activé suite à la dégénérescence des neurones à hypocrétine et est conduit à s’attaquer à des cellules saines de l’organisme. Dans son cas, Jonathan porte une mutation du gène codant le système HLA. Celle-ci modifie alors les échanges entre les lymphocytes T et les corps étrangers présentés par son système HLA. Je me suis donc documenté, et j’ai appris qu’il existe pour certaines personnes narcoleptiques d’autres gènes de prédisposition, des gènes ni nécessaires ni suffisant à l’apparition de la maladie, mais qui, à son déclenchement, diminueraient la quantité de vie des lymphocytes T. De plus, d’autres narcoleptiques peuvent avoir une augmentation de la quantité en anticorps dirigés contre une protéine produite dans les neurones à hypocrétine. Ces auto-anticorps sont nommés anti-Trib 24.  Tout ceci conduit à un dérèglement du système immunitaire.

Le gène de prédisposition existant également chez les personnes saines, le processus auto-immunitaire est seulement déclenché par un facteur. Chez Jonathan, narcoleptique avec cataplexie, les lésions dans l’hypothalamus sont à l’origine du processus. Il existe cependant d’autres formes secondaires à l’origine de la narcolepsie, comme les maladies infectieuses, la sclérose en plaque, le syndrome parkinsonien, la myotonie de Steinert (une maladie musculaire transmissible) mais aussi les chocs émotionnels peuvent être des facteurs déclenchants (comme une dépression, un deuil ou encore même la naissance d’un enfant !).
La narcolepsie a même été déclenché chez certains enfants ou adolescents suite à une vaccination au Pandemrix contre le virus H1N1 lors de l’épidémie de grippe A en 2009. Certains suggèrent que l’ASO3, un adjuvant du vaccin, ou peut-être son effet stimulant, ou encore la grippe H1N1 elle-même, auraient déclenché l’apparition de la narcolepsie chez les personnes qui possèdent le gène de prédisposition HLA.

La maladie de Jonathan est donc très complexe, bien plus que je ne l’imaginais ! Cette maladie, qui atteint Jonathan isolément, est multifactorielle, impliquant des facteurs génétiques complexes ainsi que des facteurs environnementaux. Cette maladie est étroitement liée à HLA DQB1*0602, mais aussi à d’autres gènes de prédisposition, plus rares. La composante auto-immune de la narcolepsie est maintenant attestée.

Si je devais résumer, je retiendrais ceci :
Facteurs génétiques (gène de prédisposition) et/ou facteurs environnementaux (infection virale ou bactérienne, stress, maladie neurologique) → processus auto-immun → destruction des neurones à hypocrétine  → narcolepsie de type I