Compte-rendu du congrès du sommeil 2013

Ce compte-rendu fait suite au congrès du sommeil à Marseille en 2013 organisé par la SFRMS.

Grâce à l’ANC, j’ai eu l’immense privilège de pouvoir assister au Congrès du Sommeil 2013. Voici ce que j’ai pu retenir des conférences auxquelles j’ai pu assister. Ceci n’est pas un compte-rendu médical mais reflète simplement ce que j’ai pu percevoir, en tant que « candide » très intéressée par les recherches sur le sommeil. Les travaux présentés dans les congrès sont des études demandant la plupart du temps confirmation par des études plus approfondies, et sont donc parfois à interpréter avec précaution, mais elles donnent une bonne vision des grandes tendances de la recherche.

M.P.

Apnée du sommeil

Troubles associés au syndrome d’apnée du sommeil

Ce syndrome, souvent associé au ronflement, est cause d’hypoxie intermittente (manque d’oxygène des tissus). Cette hypoxie peut avoir des conséquences cardio-vasculaires. Il y a une augmentation de l’activité du système nerveux sympathique (qui commande les activités non volontaires de l’organisme comme le rythme cardiaque). Il peut y avoir apparition d’une arythmie, surtout chez les patients ayant eu un infarctus, et une altération des vaisseaux. Ces apnées sont également cause d’hypertension artérielle.

Ce syndrome d’apnée obstructive du sommeil est associé à une fréquence élevée d’hypertension artérielle, de résistance à l’insuline et de diabète de type 2. Chez le diabétique, le syndrome d’apnée du sommeil peut être dû à une atteinte neurologique du pharynx qui peut expliquer les apnées du sommeil.

L’hypoxie intermittente peut induire une dysrégulation du métabolisme des lipides et donc conduire à une dyslipidémie (avec augmentation des acides gras libres dans le sang), il y a augmentation des triglycérides et risque d’athérosclérose. Ce problème métabolique peut être réduit par l’utilisation d’un appareil à pression positive qui diminue ou supprime l’hypoxie.

Une autre conséquence de l’hypoxie intermittente peut être la stéatose hépatique (foie gras) qui peut à terme conduire à une fibrose ou même à une cirrhose.

Hypersomnies

Modafinil (Modiodal)

Pour évaluer l’aptitude à la conduite automobile des patients narcoleptiques ou hypersomniaques idiopathiques on peut utiliser le Test de Maintien de l’Eveil. Le Modafinil améliore de manière significative la performance au volant de ces patients.

Pitolisant

Ce médicament augmente la quantité d’histamine dans le cerveau en empêchant sa recapture. L’histamine est une molécule produite par certains neurones et aurait un rôle dans le maintien de l’éveil. Des études ont montré son efficacité dans la narcolepsie et une étude plus récente a montré son efficacité dans certains cas d’hypersomnie idiopathique. On note cependant un taux élevé d’arrêt du traitement par les patients dans le cas d’hypersomnie sévère symptomatique (liée à une autre maladie) pour inefficacité.

Immunoglobulines par voie intraveineuse

Les études continuent pour déterminer si ce traitement, utilisé pour traiter les maladies auto-immunes, peut l’être aussi dans la narcolepsie, considérée elle aussi comme d’origine auto-immune. Les immunoglobulines par voie intraveineuse sont des anticorps obtenus à partir de plasma sanguin humain et sont destinées à lutter contre l’inflammation due, entre autre, à l’auto-immunité. Dans le cas de la narcolepsie, ce sont les neurones à orexines (aussi appelées hypocrétines), responsables du maintien de l’éveil, qui sont attaqués par la réaction auto-immune.

Délai au diagnostic pour les hypersomnies d’origine centrale

Ce groupe d’hypersomnies comprend la narcolepsie avec cataplexie, la narcolepsie sans cataplexie et les hypersomnies idiopathiques. En Europe, le délai moyen au diagnostic de la narcolepsie avoisine 14 ans. En France, le délai moyen est entre 7 et 10 ans, il est plus court qu’il y a quelques années mais il reste à améliorer.

Syndrome de Kleine-Levin

Ce syndrome est caractérisé, entre autres, par une hypersomnie récurrente, des troubles du comportement et un sentiment d’irréalité. L’imagerie fonctionnelle du cerveau montrerait que cette déréalisation est liée à des anomalies de perfusion (irrigation sanguine) de certaines zones du cortex.

Narcolepsie et rêves lucides

Le phénomène de rêve lucide en sommeil paradoxal semble plus fréquent chez les narcoleptiques que dans la population générale. Au cours du rêve lucide, le dormeur est conscient de rêver et peut signaler par un code choisi à l’avance qu’il est en train de rêver.

Syndrome des jambes sans repos

Syndrome des jambes sans repos et mouvements périodiques des jambes

Ces deux syndromes semblent augmenter le risque cardio-vasculaire. Il y a perturbation du système nerveux autonome. Un bilan cardiologique semble donc être conseillé pour ces patients.

Autres études sur le sommeil

Rôle de la lumière dans l’alternance veille-sommeil

Les cellules de la rétine, cônes et bâtonnets, sont utilisées pour la vision. D’autres cellules, les cellules ganglionnaires à mélanopsine ont été découvertes en 2002. Elles ont un rôle non visuel et agissent sur le système circadien (rythme veille-sommeil) sous l’effet de certaines longueurs d’onde de la lumière bleue.

Sommeil des adolescents

Les adolescents ont un retard de phase physiologique (rythme circadien décalé vers le « lève-tard, couche-tard »). Ils ont souvent un manque de sommeil chronique, en partie dû à l’usage des appareils électroniques dans la chambre.

Une étude canadienne utilisant les Tests Itératifs de Latence d’Endormissement (TILE) a montré que les adolescents de 15 ans ont un assoupissement rapide en sommeil paradoxal en moins de 5 mn le matin à 8h30. Ceci surtout chez ceux qui ont le rythme circadien le plus tardif. A la puberté, il y a un important changement de synchronisation et la pression de sommeil la plus importante est le matin. Les horaires scolaires matinaux sont durs à supporter pour les adolescents.

Perception de la vigilance

Quand on vérifie la vigilance perçue par les individus grâce à des Tests Itératifs de Latence d’Endormissement (TILE) on constate que la perception d’avoir dormi correspond souvent à l’enregistrement. Ce n’est pas le cas pour la perception de ne pas avoir dormi que contredit assez souvent l’enregistrement.

Caféine

La sensibilité à la caféine semble avoir un déterminant génétique. Chez les personnes sensibles à la caféine, même si la caféine a été consommée quelques heures avant le coucher, le sommeil semble de moins bonne qualité.

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