Les traitements médicamenteux

Peu de molécules améliorent les crises de somnolence. L’ANC ne fait donc qu’un listing des médicaments prescrits par les spécialistes
Il ne faut surtout pas oublier que la prescription de médicaments n’est que l’un des volets du traitement des hypersomnies, l’autre volet, à ne jamais négliger par les médecins généralistes et les somnologues, est le volet comportemental et éducationnel.
Trois types de médicaments sont nécessaires : deux pour traiter les deux aspects de la maladie et le troisième pour les perturbations du sommeil de nuit.

Traiter les accès narcoleptiques

Le traitement le plus répandu, et jusqu’à ce jour semble-t-il le plus efficace, est la prise de 2 à 6 comprimés de Modiodal® par jour (Provigil® pour les pays étrangers). Ce médicament est une molécule éveillante qui traite les symptômes de la maladie. Il ne “soigne” pas. C’est actuellement le laboratoire Teva qui le produit. Ce médicament offre une bonne tolérance en usage prolongé, il ne présente ni interaction médicamenteuse ni dépendance. Il est tout spécialement destiné aux personnes narcoleptiques et aux hypersomniaques. Il permet de mieux réguler le nombre d’accès d’endormissements dans la journée. S’ils ne deviennent pas nuls, leur fréquence et leur durée sont, selon les cas, largement diminués.

Petite histoire du Modafinil :

( en préparation)

En cas d’échec du modafinil ; c’est-à-dire dans 20% des cas environ – on passe aux amphétamines et dérivés : métylphénidate (Ritaline®) ou dexamphétamine (Dexamine®). Ces médicaments ont des effets secondaires plus marqués et donc utilisés avec plus de précautions.

Traiter les accès de cataplexie

L’effet du Modiodal®, en ce qui concerne la cataplexie, n’est pas prouvé. Sont utilisés les antidépresseurs tricycliques : clomipramine (Anafranil® 10) imipramine (Tofranil®), les antidépresseurs sérotoninergiques : fluoxétine (Prozac®); fluvoxamine (®) et un nouveau médicament à base d’oxybate de sodium (Xyrem®).
Attention ! Le fait qu’il s’agisse d’antidépresseurs n’a rien à voir avec un éventuel traitement psychiatrique. Les doses utilisées n’ont rien de commun ; il s’agit seulement d’effets non prévus initialement. Les éventuels risques de dépendance, compte tenu de la posologie dans le cas de cataplexie, ne sont pas non plus à craindre. A titre d’exemple, il suffit généralement d’1 comprimé d’Anafranil® 10 par jour pour atténuer (voire faire disparaître) les crises de cataplexie, alors que les risques d’accoutumance commencent à partir de 3 à 5 comprimés d’Anafranil® 25 par jour.
Un nouveau médicament le Xyrem® est une spécialité indiquée dans le ” Traitement de la cataplexie chez les patients adultes atteints de narcolepsie “. Ce médicament a le statut de médicament orphelin dans cette indication en Europe. Il est à base d’oxybate de sodium et cette molécule est qualifiée, plus à tort qu’à raison, de drogue des violeurs. En effet, dans une “lettre aux professionnels de santé” du 19 juillet 2005, l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) reconnaît, à la suite d’une étude sur l’usage détourné des médicaments (suivi des cas de soumission chimique de juillet 2003 à mars 2005), que cette molécule jouit d’une mauvaise réputation usurpée : “… le GHB n’est retrouvé que dans 6 cas sur 119, ce qui tend à montrer que son usage criminel est peut-être moins répandu que cela a pu être dit”. D’autres médicaments mis sur le marché font l’objet de beaucoup plus d’utilisations détournées que cette molécule du GHB. – Les benzodiazépines en particulier ont 100 mentions sur 82 victimes.

Petite histoire du Xyrem :

Octobre 2005 : autorisation européenne et française du Xyrem, dans l’indication Cataplexie, obtenue par les laboratoires UCB Pharma.
Mars 2007 : autorisation européenne et française, dans l’indication Narcolepsie avec cataplexie.
La prescription couvre les symptômes principaux de la narcolepsie : mauvais sommeil de nuit, cataplexie et somnolence diurne.
La prescription est très encadrée pour protéger “d’un mésusage” possible :- première prescription par le neurologue hospitalier,- délivrance par la pharmacie hospitalière,- tenue d’un cahier de suivi,- veille pharmacologique stricte.

Traiter le mauvais sommeil de nuit

Dans ce cas sont utilisés les médicaments classiques de type hypnotique non benzodiazépinique ou de type hypnotique benzodiazépinique.

Traiter l’hypersomnie idiopathique

Le traitement des accès d’hypersomnies est le même que dans le cas de la narcolepsie. Le Modafinil (Modiodal®), s’avère être particulièrement efficace dans cette maladie. En cas d’échec, le mazindol® ou le méthylphénidate (Ritaline®) s’avèrent souvent efficaces. Cependant il faut savoir que l’inertie du réveil reste le plus souvent mal régulée.
Le médecin somnologue doit souvent adapter le traitement médicamenteux selon des cas qui peuvent être très différents.

Traiter le syndrome de Klein Levin

Le traitement utilise les stimulants de la vigilance lors des accès hypersomniaques comme le Modafinil (Modiodal®) ou les amphétamines. À titre préventif les sels de lithium, la carbamazépine ou l’acide valproïque peuvent être proposés pour régulariser les troubles de l’humeur.

Problèmes posés par la recherche de nouveaux traitements

La recherche sur l’ hypocrétine ou oréxine.

L’ hypocrétine /orexine est un neuro-transmetteur, régulateur de notre pendule jour/nuit.

en préparation