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La Maladie > Les traitements |
Les traitements
médicamenteux
L' ANC ne fait de
publicité pour aucun laboratoire pharmaceutique,
elle constate simplement quels sont les médicaments
les plus utilisés. D'autres médicaments
que ceux mentionnés dans ces lignes sont
prescrits, certains le sont au titre de la recherche
de thérapeutiques nouvelles, d'autres le
sont pour des situations très particulières
; cette page reste volontairement dans les généralités.
Il ne faut surtout
pas oublier que la prescription de médicaments
n'est que l'un des volets du traitement des hypersomnies,
l'autre volet, à ne jamais négliger
par les médecins généralistes
et les somnologues, est le volet comportemental
et éducationnel.
Trois types de médicaments sont nécessaires : deux pour traiter les deux aspects de la maladie et le troisième pour les perturbations du sommeil de nuit.
Traiter les accès
narcoleptiques
Le traitement le plus
répandu, et jusqu'à ce jour semble-t-il
le plus efficace, est la prise de 2 à 4 comprimés
de Modiodal® par jour (Provigil® pour les
pays étrangers). Ce médicament est
une molécule éveillante qui traite
les symptômes de la maladie. Il ne "soigne"
pas. La molécule a été découverte
par l'ex laboratoire français L. LAFON. C'est
actuellement le laboratoire Cephalon qui le produit.
Ce médicament offre une bonne tolérance
en usage prolongé, il ne présente
ni interaction médicamenteuse ni dépendance.
Il est tout spécialement destiné aux
personnes narcoleptiques et aux hypersomniaques.
Il permet de mieux réguler le nombre d'accès
d'endormissements dans la journée. S'ils
ne deviennent pas nuls, leur fréquence et
leur durée sont, selon les cas, largement
diminués.
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Petite histoire
du Modafinil.
C'est l'Adrafinil,
stimulant du système nerveux central
qui est métabolisé, in
vivo, en Modafinil. Elle a été
découverte en 1970 par le laboratoire
français Lafon. L'adrafinil a été
proposé en traitement expérimental
de la narcolepsie en 1986. En France l'adrafinil
est alors commercialisé sous le nom
de OLMIFON®. Plus tard, les chercheurs
de chez Lafon développèrent
le MODAFINIL® plus sélectif dans
ses actions et avec moins d'effets secondaires.
Le laboratoire Lafon a été acquis
par le laboratoire américain Cephalon
en 2001.
Comment ces
molécules ont-elles été
découvertes et commercialisées
?
Cette histoire est rapportée par une
parente d'une personne travaillant dans le
laboratoire Lafon à l'entretien des
animaux testés. Le Docteur Lafon demandait
à ses chercheurs de bien tenir compte
des observations de ces personnes car ce sont
elles qui avaient le plus de contacts avec
les animaux et pouvaient les observer le plus
longtemps. Or, la molécule étudiée
était nouvelle et personne ne savait
exactement quels effets elle pouvait produire
sur les animaux. Cette personne nota que les
animaux, à qui on avait injecté
la molécule, paraissaient plus agités,
plus nerveux, plus remuants que les animaux
témoins. M. Lafon demanda donc d'observer
ces signes avec plus d'attention et cela amena
à la découverte de l'effet éveillant
de la molécule. Ce fut sa première
chance, pour elle dont les effets observables
n'étaient pas immédiatement
évidents.
Une fois
découverte, quelle application pouvait-on
valablement et économiquement en attendre
?
C'est Michel Jouvet qui raconte la suite de
l'histoire en dédicaçant l'un
de ses livres. Averti de l'existence de cette
molécule et de ses effets et du fait
que Lafon se proposait d'abandonner les recherches
qui ne semblaient déboucher sur rien,
c'est lui qui indiqua qu'il connaissait une
maladie dont les symptômes correspondaient
à l'inverse de ce que provoquait la
molécule et ce fut le Modafinil qui
vit le jour. C'est sans doute une molécule
née sous des auspices favorables.
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En cas d'échec
du modafinil ; c'est-à-dire dans 20% des
cas environ - on passe aux amphétamines et
dérivés : métylphénidate
(Ritaline®) ou dexamphétamine (Dexamine®).
Ces médicaments ont des effets secondaires
plus marqués et donc utilisés avec
plus de précautions.
Traiter les accès
de cataplexie
L'effet du Modiodal®,
en ce qui concerne la cataplexie, n'est pas prouvé.
Sont utilisés les antidépresseurs
tricycliques : clomipramine (Anafranil® 10)
imipramine (Tofranil®), les antidépresseurs
sérotoninergiques : fluoxétine (Prozac);
fluvoxamine (Floxifral) et un nouveau médicament
à base d'oxybate de sodium (Xyrem®).
Attention ! Le fait
qu'il s'agisse d'antidépresseurs n'a rien
à voir avec un éventuel traitement
psychiatrique. Les doses utilisées n'ont
rien de commun ; il s'agit seulement d'effets non
prévus initialement. Les éventuels
risques de dépendance, compte tenu de la
posologie dans le cas de cataplexie, ne sont pas
non plus à craindre. A titre d'exemple, il
suffit généralement d'1 comprimé
d'Anafranil 10 par jour pour atténuer (voire
faire disparaître) les crises de cataplexie,
alors que les risques d'accoutumance commencent
à partir de 3 à 5 comprimés
d'Anafranil 25 par jour.
Un nouveau médicament
le Xyrem® est une spécialité indiquée
dans le " Traitement de la cataplexie chez
les patients adultes atteints de narcolepsie ".
Ce médicament a le statut de médicament
orphelin dans cette indication en Europe. Il est
à base d'oxybate de sodium et cette molécule
est qualifiée, plus à tort qu'à
raison, de drogue des violeurs. En effet, dans une
"lettre aux professionnels de santé"
du 19 juillet 2005, l'Agence française de
sécurité sanitaire des produits de
santé (Afssaps) reconnaît, à
la suite d'une étude sur l'usage détourné
des médicaments (suivi des cas de soumission
chimique de juillet 2003 à mars 2005), que
cette molécule jouit d'une mauvaise réputation
usurpée : "... le GHB n'est retrouvé
que dans 6 cas sur 119, ce qui tend à montrer
que son usage criminel est peut-être moins
répandu que cela a pu être dit".
D'autres médicaments mis sur le marché
font l'objet de beaucoup plus d'utilisations détournées
que cette molécule du GHB. - Les benzodiazépines
en particulier ont 100 mentions sur 82 victimes.
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Petite histoire
du Xyrem :
Octobre 2005
: autorisation européenne et française
du Xyrem, dans l'indication Cataplexie, obtenue
par les laboratoires UCB Pharma.
Mars 2007 :
autorisation européenne et française,
dans l'indication Narcolepsie avec cataplexie.
La prescription
couvre les symptômes principaux de la
narcolepsie : mauvais sommeil de nuit, cataplexie
et somnolence diurne.
La prescription
est très encadrée pour protéger
"d'un mésusage" possible
:
- première prescription par le neurologue
hospitalier,
- délivrance par la pharmacie hospitalière,
- tenue d'un cahier de suivi,
- veille pharmacologique stricte.
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Traiter le mauvais
sommeil de nuit
Dans ce cas sont utilisés
les médicaments classiques de type hypnotique
non benzodiazépinique ou de type hypnotique
benzodiazépinique.
Traiter l'hypersomnie
idiopathique
Le traitement des
accès d'hypersomnies est le même que
dans le cas de la narcolepsie. Le Modafinil (Modiodal®),
s'avère être particulièrement
efficace dans cette maladie. En cas d'échec,
le mazindol ou le méthylphénidate
(Ritaline®) s'avèrent souvent efficaces.
Cependant il faut savoir que l'inertie du réveil
reste le plus souvent mal régulée.
Le médecin
somnologue doit souvent adapter le traitement médicamenteux
selon des cas qui peuvent être très
différents.
Traiter le syndrome
de Kleine Levin
Le traitement
utilise les stimulants de la vigilance lors des
accès hypersomniaques comme le Modafinil
(Modiodal®) ou les amphétamines. À
titre préventif les sels de lithium, la carbamazépine
ou l'acide valproïque peuvent être proposés
pour régulariser les troubles de l'humeur.
Problèmes
posés par la recherche de nouveaux traitements
La recherche sur
les hypocrétines
Soit les hypocrétines
agissent directement sur le développement
du sommeil paradoxal
soit elles agissent indirectement sur le système
limbique qui régule les émotions.
Y a-t-il destruction des neurones
à hypocrétines par une réaction
auto-immune de l'organisme
?
Le problème
est que les hypocrétines, grosses molécules
protéiniques,
ne traversent pas la barrière
hématoencéphalique. Actuellement,
on ne peut donc les apporter directement au cerveau,
sans dommage grave et irréversible. Injectées
en dehors du cerveau, elles ne peuvent y parvenir.
Les injecter dans le cerveau serait très
dangereux et toxique pour la personne. Cela est
impensable déontologiquement
en terme d'expérimentation.
Par contre, le développement
d'agonistes
des récepteurs
de l'hypocrétine résoudrait ce problème,
à condition que ceux-ci soient dépourvus
d'effets secondaires toxiques et rédhibitoires.
En effet, des récepteurs à hypocrétines
pourraient être a priori intacts.
Il existe aussi des
molécules qui peuvent être apportées
en dehors du cerveau, qui peuvent passer cette barrière
hématoencéphalique de protection et
dont le cerveau peut se servir pour synthétiser
l'hypocrétine. Cependant, en expérimentation
animale, des études auraient eu lieu sur
l'une de ces molécules, mais elles n'auraient
abouti qu'à montrer l'efficacité du
traitement dans la narcolepsie et sa toxicité
neuronale sur le cerveau des animaux.
Autres utilisations
des hypocrétines
La pharmacologie des
hypocrétines trouverait aussi d'autres applications,
en tant qu'hypnotiques
ou comme antidépresseurs. La narcolepsie
ne sera pas la seule maladie à bénéficier
de ces recherches, mais aussi d'autres maladies
du sommeil et certaines formes de dépression.
Ces apports vont sans doute aussi amener la psychiatrie
à revoir la conception de la dépression
et l'abord thérapeutique de certaines de
ses formes.
Autres voies de
recherche pharmacologique
D'autres voies d'abord
pharmacologiques sont aussi en cours de recherche
et l'arsenal thérapeutique, en cas d'hypersomnolence,
a nettement tendance à se diversifier répondant
mieux aux multiples formes que ces pathologies peuvent
prendre.
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