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La Maladie
> Les symptômes
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Introduction
Ce site créé
par l'Association
nationale de Narcolepsie
Cataplexie et
d'hypersomnie idiopatique ne peut
vous informer que sur ces maladies et sur le syndrome,
très rare, de Kleine Levin .
Elles entraînent des accès d'endormissements
excessifs, incoercibles et incontrôlables
au cours de la journée. Cependant, les troubles
de la vigilance et l'impossibilité de s'empêcher
de dormir dans la journée peuvent faire partie
des symptômes de plusieurs autres troubles
du sommeil très différents.
Sans qu'elle soit
exhaustive voici la liste de ces principaux troubles
qui peuvent entraîner des somnolences excessives
au cours de la journée :
-
Le syndrome d'apnées
obstructives du sommeil (SAS)
-
Le ronflement et le syndrome
de résistance des voies aériennes
supérieures (SRVAS)
-
Les hypersomnies psychogènes,
-
Les mouvements périodiques
nocturnes des membres
-
Le syndrome des jambes sans
repos ou impatiences
-
Le travail posté,
dans certaines conditions
-
Le jet lag des pilotes de
lignes en décalage horaire
-
L'hypersomnie par insuffisance
de sommeil
-
L'hypersomnie d'origine
neurologique
-
L'hypersomnie post-traumatique
-
les hypersomnies secondaires
à une prise de médicaments tels
que les hypnotiques et les tranquillisants,
les neuroleptiques, les antidépresseurs,
les médicaments contre l'allergie (surtout
les antihistaminiques les plus anciens) et,
en général, les médicaments
contre l'épilepsie, la maladie de Parkinson,
la migraine et la douleur.
-
La prise prolongée
de sédatifs (benzodiazépines)
ou d'anti hypertenseurs (prazosine, aténolol,
apha-méthyldopa)
-
La dépendance au
cannabis,
-
Les hypersomnies ayant des
causes médicales telles que les infections
virales en particulier la grippe, la mononucléose
infectieuse, certaines hépatites virales,
certaines lésions cérébrales,
les encéphalites, avec au premier plan
la maladie du sommeil ou trypanosomiase africaine
ou l'encéphalite de Von Economo.
-
Certaines pathologies psychiatriques
comme le syndrome dépressif ou la dysthymie
Pour des informations
à leur sujet consulter les sites de leurs
associations de malades ou renseignez-vous auprès
de l'ISV (Institut National du Sommeil et de la
Vigilance)
Symptômes
principaux
Ce sont :
-
l'impossibilité
de s'empêcher de dormir durant la journée
au cours d'accès d'endormissements excessifs,
incoercibles et incontrôlables,
-
les
pertes de tonus musculaire totales ou partielles
qui entraînent chute ou déformation
de la figure, au moment des rires ou d'émotions
et cours de colère.
Ce sont les deux
symptômes principaux de la narcolepsie cataplexie,
maladie trop peu connue, tant du "grand public"
que du milieu médical. Beaucoup de sites
existent actuellement soit pour rendre compte des
recherches dans ce domaine soit pour témoigner
des difficultés rencontrées dans cette
maladie, soit pour aider à y faire face en
donnant des informations ou en permettant aux personnes
concernées de se rencontrer via le Net.
Espérons
que notre association, au moyen de ce site, contribuera
par des informations complémentaires, à
réduire le nombre encore beaucoup trop élevé
(entre 20 et 30.000 en France) des malades qui s'ignorent.
Quatre personnes sur cinq qui ont à faire
face aux difficultés de cette maladie soit
l'ignorent totalement et ne se font pas soigner
soit sont l'objet d'un mauvais diagnostic et donc
d'une prise en charge médicale inefficace.
N'hésitez
pas à nous contacter pour plus d'informations,
tant sur les symptômes que sur les traitements,
les lieux de diagnostics, les démarches à
effectuer ou toute autre question. Inscrivez-vous
sur le forum de notre association.
Vous pouvez y avoir accès en cliquant sur
l'icône de la "bulle" en haut à
droite de cette page. Vous pourrez y discuter avec
d'autres personnes qui font face tous les jours
aux mêmes difficultés que vous et qui
tentent avec plus ou moins de bonheur de vivre heureux
avec leur handicap.
S'endormir n'importe
où, n'importe quand, n'importe comment peut,
certes, prêter à rire de la part de
tout le monde. Il est important et "sain"
pour les personnes concernées par ce problème
d'être capables d'une bonne dose d'humour,
mais quelques minutes de réflexion permettent
de comprendre que certaines personnes atteintes
par ces problèmes d'hypersomnie, n'arrivent
toujours pas à avoir envie d'en rire...
Ces maladies peuvent
être très gravement handicapantes sans
que l'entourage en ait parfois conscience ! En effet,
comment faire la différence entre un enfant
simplement paresseux et un enfant atteint de ces
troubles ? Ces maladies peuvent aussi affecter profondément
l'harmonie familiale. Le recours à une aide
psychologique pour aider à faire face à
ces difficultés peut alors se révéler
très utile. La narcolepsie n'est pas une
maladie à origine psychosomatique, c'est
une maladie due à un trouble neurologique.
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Introduction :
"En 1880, le
Docteur Gélineau, ancien médecin de
la Marine, individualise la narcolepsie
(maladie de Gélineau). Sans le savoir, il décrit
l'une des caractéristiques primordiales du
rêve, c'est-à-dire l'absence totale de
tonus musculaire : la narcolepsie consiste en effet
soit dans l'irruption brutale et invincible du sommeil
au cours de l'éveil soit souvent à la
suite d'une émotion ou du rire d'une perte
de tonus musculaire avec chute (cataplexie).
Pendant ces épisodes, les malades rêvent
et perdent contact avec la réalité.
" - Michel Jouvet
le docteur Gélineau
Les symptômes
Les symptômes
comprennent deux versants celui de la narcolepsie
et celui de la cataplexie. En théorie il faut
les deux versants pour "signer" la maladie,
cependant on trouve presque 25% des personnes qui
n'ont que le versant de la narcolepsie. Il y a donc
une certaine ambiguïté dans le mot "narcolepsie"
qui désigne à la fois l'ensemble de
la maladie et l'une des composantes de cette maladie.
Narcolepsie
C'est l'impossibilité
de s'empêcher de dormir à n'importe quel
moment de la journée. Ces crises de somnolence
excessive peuvent être courtes ou longues et
durer de quelques secondes à plusieurs dizaines
de minutes. Elles se caractérisent par un endormissement
rapide, souvent en phase de sommeil paradoxal.
Les personnes peuvent
être de petits dormeurs ou de grands dormeurs
; cela est indépendant de la maladie. Il ne
faut pas la confondre avec l'hypersomnie idiopathique
où les gens dorment obligatoirement beaucoup,
sans restauration des capacités. En général,
quand le narcoleptique sort de son accès; il
a récupéré ses facultés,
pour quelques heures. Il est pratiquement aussitôt
en capacité de se remettre à travailler,
car il n'a pas ou peu de temps "vaseux"
avant la remise en activité.
De fait, l'activité
cérébrale est identique à celle
du sommeil paradoxal et la personne conserve parfois
un certain tonus musculaire.
Dans certains cas,
elle peut ne pas avoir eu conscience de son endormissement.
On ne peut pas voir ces accès diurnes de sommeil
comme des périodes de récupération
d'une fatigue physique éventuelle. Cependant,
une fatigue prolongée peut favoriser des endormissements
plus fréquents et plus longs.
Cataplexie
C'est la perte brutale
de tonus musculaire. Cette perte peut être totale
et entraîne obligatoirement la chute de la personne.
Elle peut être partielle et touche souvent les
muscles du visage qui se relâchent, les joues
sont "flasques", il devient impossible de
parler correctement, les jambes se dérobent,
la main lâche ce qu'elle tient. Cela se produit
pratiquement toujours sous l'emprise d'une émotion
forte : rire (surtout), surprise, joie, douleur, colère,
activité sexuelle, etc.. La personne peut aussi
être seule et simplement "penser"
à quelque chose de drôle ou de "cochon"
! Ainsi, il est difficile pour certaines personnes
de raconter une histoire drôle jusqu'au bout,
de concrétiser un point facile au tennis, un
but au foot, ou de se mettre vraiment en colère
contre ses enfants par exemple. La force de la "crise"
varie d'une personne à l'autre selon l'intensité
de l'émotion. Certaines crises peuvent durer
de longues minutes, pendant lesquelles il est totalement
impossible de bouger même le petit doigt ou
de parler.
De fait, le corps
se comporte comme si la personne était en phase
paradoxale physiquement mais le cerveau reste conscient.
Si la personne ne bouge plus et ne manifeste rien,
elle entend et est totalement consciente de son environnement.
La seule conduite à tenir pour aider la personne
à passer ce cap c'est de veiller à ce
qu'elle soit dans une position confortable pour retrouver
son calme, et pour mieux dominer l'émotion
qui est à l'origine de la crise.
Signes
secondaires
Dans la narcolepsie
cataplexie, existe un certain nombre de symptômes
secondaires dont la présence n'est pas obligatoire
pour poser le diagnostic. Absents chez certaines personnes,
ils peuvent aussi être très handicapants
chez d'autres.
Paralysies
du sommeil
C'est le fait au
cours d'un éveil d'être dans l'incapacité
de bouger. Le cerveau est conscient mais le corps
est en totale hypotonie sans capacité de le
commander. Ce fait peut être vécu de
façon angoissante par certaines personnes,
surtout au début de la maladie. Chez certaines
personnes ces phases peuvent être longues.
Pensées
hypnagogiques ou hypnopompiques
C'est le fait d'avoir
des "idées de rêves" (ou des
"flashs" de pensées
oniriques) peu structurées en début
ou en fin de nuit ; avant de se coucher ou en se réveillant
après une sieste. Ces pensées sont dites
hypnagogiques avant l'endormissement
elles sont dites hypnopompiques
après. (Cela n'a évidemment rien à
voir avec les pompes à vélo !). Elles
peuvent entraîner des comportements inadaptés
ou des épisodes de somniloquie : la personne
peut tenir alors des propos incohérents en
rapport avec ses idées de rêves.
Hallucinations
Ces hallucinations
sont du pain bénit pour les psy... de tout
crin ! C'est le fait de vivre comme très réelles
des pensées de l'ordre du rêve (de façon
différente des "pensées hypnagogiques
ou hypnopompiques" qui ont l'apparence incohérente
des rêves). Il y a adhésion et sentiment
fort de réalité à l'objet halluciné
jusqu'à ce que la "preuve" de l'hallucination
soit faite, souvent dans la rencontre avec une autre
personne. A la différence des processus psychotiques,
le narcoleptique ne s'accroche pas à ses hallucinations
; il les subit. Les personnes n'osent pas en parler
aux médecins de peur de passer pour folles.
C'est d'ailleurs un fait trop fréquent que
les personnes narcoleptiques soient prises pour des
schizophrènes par des psychiatres qui tiennent
mordicus à leur diagnostic. De fait, la narcolepsie
ne protège pas des troubles psychotiques mais,
dans la très grande majorité des cas,
les vécus et les réactions des personnes
ne sont pas celles de la personnalité psychotique.
Ces hallucinations
peuvent être visuelles (voir une personne entrer
dans la pièce) auditives
(entendre "des voix" dans sa tête)
ou tactiles (avoir des ressentis corporels sans rapport
avec la réalité). Elles peuvent être
vécues de façon angoissante et même
effrayante, surtout au début, ensuite, soit
la personne n'y fait plus attention (comme pour le
petit bruit bizarre dans une voiture mal réglée
!), soit elle peut s'en amuser même si ce symptôme
reste gênant.
Désorganisation
du sommeil
"Tu as bien
de la chance de pouvoir dormir quand tu veux !"
est une phrase souvent entendue de la part de l'entourage
de la personne narcoleptique. Cette remarque maladroite
ignore deux éléments : d'une part, le
narcoleptique ne dort pas quand il veut, il subit
ces accès de somnolence, d'autre part son sommeil
de nuit est de mauvaise qualité et peut additionner
plusieurs perturbations. Ce sont les difficultés
à se mettre au lit le soir par "crainte"
d'affronter les hallucinations d'endormissement ou
par entraînement à résister aux
accès de somnolence ; il y a toujours quelque
chose à faire avant d'aller se coucher.
insomnie
organique
La désorganisation
de la structure du sommeil peut s'observer par l'enregistrement
d'un électroencéphalogramme. Ce sont
des éveils nocturnes qui peuvent être,
de fait, très nombreux mais rester plus ou
moins conscients. Ce sont des phases d'insomnie plus
ou moins longues et importantes suivant les personnes.
En effet, chez certaines personnes narcoleptiques,
les accès d'endormissements diurnes, s'accompagnent
d'une insomnie due, non pas à des facteurs
psychologiques mais à un mauvais fonctionnement
cérébral entraînant des insomnies.
Déficit
de l'attention et troubles de la mémoire
Beaucoup de personnes
narcoleptiques sont sujettes à des périodes
de déficit attentionnel et à des difficultés
de mémorisation immédiate. L'exemple
le plus irritant pour l'entourage est le fait que,
la personne narcoleptique va poser deux fois de suite
la même question alors qu'il a déjà
été répondu correctement à
sa question ; la première réponse donnée
a été oubliée dans la seconde
qui suit. Ce trouble n'est pas systématique,
il survient occasionnellement par épisodes
courts : une sorte "d'absence" momentanée
des capacités cérébrales attentionnelles
et mnémoniques. Ce n'est pas un début
de maladie d'Altzheimer et l'oubli n'est ni total,
ni capable de mettre la vie en danger.
De façon encore
assez fréquente, la personne peut faire des
actes bizarres dont elle n'a pas totalement conscience.
Ces actes sont faits machinalement, cela peut être
des actes habituels mais ils sont alors dépourvus
de sens, incongrus ou inadaptés à la situation présente
: ex. défaire les lacets de ses chaussures en pleine
rue, mettre son portefeuille dans le lave vaisselle...
. Il ne faut pas s'inquiéter outre mesure de
ces actes que la personne peut critiquer par la suite.
retour
Description
L'hypersomnie idiopathique est
une maladie au moins 5 fois plus rare que la narcolepsie
: on estime qu'elle touche environ 1 personne pour
10 000 mais aucune étude épidémiologique
n'a été réalisée à
ce jour. Elle est le plus souvent essentielle, débutant
dans l'enfance ou l'adolescence, sans circonstance
déclenchante. Elle a une évolution
chronique, persistant jusqu'à un âge
avancé. Elle est familiale dans 40% des cas.
Elle est très invalidante sur le plan socioprofessionnel.
Le diagnostic d'hypersomnie idiopathique
est fait lorsque la possibilité d'autres
maladies est écartée comme le syndrome
d'apnées du sommeil ou la narcolepsie.
Aucune hypothèse n'a encore
été formulée sur l'origine
de cette maladie et elle n'a donné lieu qu'à
très peu de recherches. Cependant, on ne
retrouve pas, comme dans la narcolepsie, un hypofonctionnement
des cellules à hypocrétines.
On ne retrouve pas non plus de répartition
particulière du typage HLA.
Le
terme d'hypersomnie idiopathique vient de deux
mots grecs
idios (qui a son caractère propre
et sa nature à soi) et
paqein (ressentir - souffrir) qui, ensemble,
signifieraient à peu de chose près
: "cette hypersomnie-là est bien
une maladie avec son caractère propre
même si on n'en connaît pas encore
la cause qui reste indéterminée".
Rien à voir donc avec une quelconque
idiotie ou débilité. |
Signes cliniques
Dans l'hypersomnie idiopathique
la personne est, de façon plus ou moins continue,
en phase de somnolence excessive au cours de la
journée sans que cela n'améliore ses
performances. Elle semble être en dette perpétuelle
de sommeil et il est rare qu'elle se sente complètement
éveillée. Cette hypersomnolence diurne
peut entraîner des conduites automatiques.
Ce qui la distingue de la narcolepsie c'est qu'il
n'y a :
- ni cataplexie
- ni paralysie du sommeil,
- ni hallucination hypnagogique ou hypnopompique
- ni sentiment de sommeil réparateur.
En dehors de ces signes, l'examen
clinique est normal avec, parfois, des migraines,
des évanouissements, des bouffées
de chaleur, des sueurs, un syndrome de Raynaud.
On distingue cliniquement deux
types de formes : la forme poly symptomatique et
le forme mono symptomatique.
La forme poly symptomatique
Les caractéristiques de
la forme poly symptomatique, sont :
- l'augmentation du temps de sommeil total, avec
un très long sommeil de nuit (plus de 10
heures),
- Le réveil est tardif, pénible,
marqué par une "ivresse de sommeil"
- Il nécessite de multiples incitations
(plusieurs réveils à sonneries répétées
... )
- La personne ne sait plus où elle est
et ne se repère plus dans le temps.
- Elle parle lentement en ayant du mal à
fixer sa pensée. Elle a des difficultés
à se souvenir.
- La structure du sommeil de nuit est normale
avec très peu d'éveils ou de micro-éveils.
- Une somnolence excessive dans la journée,
les accès de sommeil durent plus d'une
heure sans être réparateurs.
- Il n'y a pas, comme dans la narcolepsie de
caractère irrépressible des accès
de sommeil.
- une phase d'inertie majeure au réveil
du sommeil de nuit,
- une ivresse du sommeil avec de grandes difficultés
à associer ses idées lors des siestes,
- une latence moyenne d'endormissement, dans la
journée légèrement inférieure
à 10 minutes,
- durant les siestes de la journée il n'y
a pas présence de sommeil paradoxal
La forme mono symptomatique
L'individuation des caractéristiques
de la forme mono symptomatique est plus discutable.
Cette forme présente :
- des accès fréquents
de sommeil au cours de la journée.
- une augmentation ou non du temps
de sommeil total,
- un sommeil de nuit normal (entre
6 et 10 heures),
Du fait de leur durée et
de leur caractère réparateur, ces
accès de sommeil dans la journée présentent
des similarités cliniques avec la narcolepsie
sans cataplexie.
Examens complémentaires
Poser le diagnostic d'hypersomnie
idiopathique est difficile du fait de la non spécificité
des troubles et donc de la nécessité
d'écarter les autres pathologies possibles.
Il faudra parfois recourir à plusieurs enregistrements
du sommeil.
Il s'agit principalement d'éliminer
les possibilités :
- de pathologies ventilatoires nocturnes,
- de syndrome des mouvements périodiques
des membres (ou impatience),
- de syndrome de résistance des voies aériennes
supérieures...,
Pour poser le diagnostic, l'enregistrement
du sommeil de nuit doit être suivi de tests
itératifs de latence d'endormissements (TILE).
Cependant, comme ce test nécessite un réveil
provoqué tôt le matin, cela ne permet
pas de confirmer le caractère très
tardif du réveil spontané. Il faut
donc faire le choix de réaliser un enregistrement
du sommeil sur une durée de 24 ou 48 heures
afin d'observer
- la durée anormalement longue du sommeil,
- des siestes de longue durée
- et un temps de sommeil total largement supérieur
à 12 heures sur les 24 ou 48 heures d'enregistrement.
Une imagerie cérébrale
en fonction du contexte clinique et des tests de
personnalité pour exclure une hypersomnie
d'origine psychiatrique sont aussi recommandés.
Le syndrome de Kleine-Levin fait
partie des hypersomnies intermittentes ou récurrentes
(idiopathiques). C'est une affection neurologique
bénigne et très rare, touchant principalement
les adolescents âgés de 15 à
20 ans et n'ayant pas d'antécédents
familiaux ou personnels. Cette maladie touche environ
130 personnes diagnostiquées à travers
le monde.
Le diagnostic
Il ne se fait qu'à partir
de l'interrogatoire médical en recherchant
une hypersomnie dans la journée avec un allongement
du temps de sommeil de nuit. Des troubles du comportement
y sont associés. On retrouve fréquemment
des facteurs déclenchants banals comme des
épisodes infectieux généraux
ou O.R.L., des traumatismes crâniens, une
alcoolisation aiguë, une anesthésie
générale...
Puis, plus ou moins rapidement,
apparaissent les épisodes d'hypersomnie.
Lors des accès, l'adolescent se dit fatigué,
semble dormir en quasi-permanence de 12 à
24 heures par jour, pendant plusieurs jours de suite.
Il se lève juste pour ses besoins physiologiques.
A ces phases d'hypersomnie s'associent des
troubles psychiatriques.
- l'adolescent va se mettre à manger beaucoup
et n'importe quand, de façon compulsive,
avec une forte préférence pour les
aliments sucrés,
- Les garçons, dans un tiers des cas, vont
avoir des comportements sexuels excessifs, désinhibés,
sans aucune pudeur, avec des masturbations publiques,
des propositions inadaptées.
- Il y a toujours des troubles du caractère
et du comportement. L'adolescent devient irritable,
agressif, bizarre. Il peut avoir des hallucinations
sans doute d'origine hypnagogique.
- Son humeur devient très changeante passant
du rire aux larmes ou d'un état dépressif
à l'euphorie la plus complète.
- Il va avoir des "trous" de mémoire
et des difficultés à se concentrer
sur son travail.
l'examen physique
au cours de l'accès est normal en général.
Cependant il peut y avoir des congestions du visage
avec des sueurs, une exagération des réflexes
ostéotendineux.
Les examens radiologiques
ou biologiques ne révèlent
rien d'anormal. Cependant on peut retrouver des
signes de perturbations à l'EEG et même
des pointes pouvant faire évoquer à
tort une épilepsie. Si des enregistrements
polysomnographiques sont faits au cours de l'accès
ils montrent que, si le sommeil dure très
longtemps, son déroulement et sa structure
restent cependant normaux. Parfois, on peut noter
une réduction de la latence du sommeil paradoxal.
l'évolution
Elle se fait entre quelques jours
et une semaine. L'adolescent peut passer d'une phase
dépressive brève à un état
d'excitation hypomaniaque durant lequel il entreprend
de faire plein de choses. Les accès peuvent
survenir pendant plusieurs mois à plusieurs
années. Le comportement est normal entre
les accès. En général, l'hypersomnie
diminue progressivement et peut même disparaître.
Les hypothèses de compréhension
On ne peut actuellement que poser
des hypothèses sur les causes du syndrome
de Kleine Levin. Les deux voies de recherches principales
sont l'origine infectieuse avec mise en évidence
de lésions encéphalitiques isolées
et l'origine neuroendocrinienne mettant en jeu soit
l'hypothalamus soit le système diencéphalolimbique.
L'hypothèse que ce syndrome serait un mode
d'entrée dans les troubles psychotiques est
une simple hypothèse d'école qui s'appuie
sur trop peu de cas et semble même contraire
à ce que l'observation peut montrer.
Conduites à tenir
Malgré le caractère
spectaculaire et dérangeant des troubles,
il convient de ne pas dramatiser les troubles. Ces
accès cèdent souvent d'eux-mêmes
par une bonne prise en charge psychiatrique. Il
convient donc de protéger le jeune contre
les excès qu'il pourrait être amenés
à commettre, sans le déresponsabiliser,
tout en sachant que cet état n'est pas un
état chronique. Dans la suite de ces pages,
ce syndrome ne sera pas souvent cité, dans
la mesure où la très grande rareté
de ses cas rend artificiels, d'une certaine façon,
le rapprochement et la comparaison avec les deux
autres pathologies. Le seul point commun entre elles
est la présence d'hypersomnolence diurne
et la désorganisation du sommeil qui peut
être massive.
En conclusion
Le syndrome de Kleine-Levin est
une maladie beaucoup plus spectaculaire que grave.
Heureusement très rare, elle est caractérisée
par l'association d'un certain nombre de manifestations
excessives, inhabituelles et de troubles :
- de l'hypersomnie
- des comportements alimentaires,
- du comportement en général,
- de l'humeur
- de la sexualité sous forme d'excès
et de désinhibition sexuelle
Il s'observe principalement chez
l'adolescent masculin entre 15 et 20 ans.
L'ensemble de ces signes cliniques
doit alerter le médecin généraliste
et demande de rechercher une cause organique avant
de s'orienter vers un tableau psychiatrique.
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