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La Maladie > Epidémiologie |
Epidémiologie
Une étude épidémiologique
consiste à déterminer l'étendue
d'une épidémie, ou plus généralement
d'une maladie particulière.
La fréquence
de la maladie :
La seule étude
épidémiologique menée en France
sur la fréquence de la narcolepsie ne l'a
été que tardivement
- Cette étude conduite auprès de 16 276 personnes dans le département du Gard, en commun par l'unité des troubles du sommeil et de l'éveil sous la responsabilité du Dr Ondzé, et le laboratoire Lafon sous la responsabilité du Dr Lubin, a montré que la fréquence de l'affection était de 0,021% soit 21 personnes pour 100 000. Cela correspond pour cette maladie aux critères des maladies rares.
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Une maladie
rare a un taux de prévalence
de moins de 1 malade pour 2 500 habitants
Une maladie
orpheline est une maladie, souvent
rare, pour laquelle on ne dispose d'aucun
médicament
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- Cette proportion, en retrait par rapport aux évaluations américaines datant des années 1972-1973 et qui donnaient une prévalence de 0,05% est en revanche en accord avec les résultats d'une étude finlandaise publiée en 1994 et faisant état d'une fréquence de 0,026%. Ces chiffres sont légèrement plus élevés que ceux concernant la sclérose en plaque mais la comparaison entre les deux maladies s'arrête là, car tout le monde a entendu parler de la sclérose en plaque.
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- David G. Myers, en 1995, dans
son livre "Psychologie" (Médecine-Science
Flammarion - trad. fr. 1997) indique que la National
Commission Sleep Disorders Research (Commission
Nationale de Recherche sur les Troubles du Sommeil)
estime à 1 pour 1 000 la fréquence
de la narcolepsie.
- L'université de Stanford,
sur son site Internet, indique d'une part que
la narcolepsie est la seconde cause d'hypersomnolence
diurne après les apnées du sommeil
et d'autre part que la prévalence se situe
entre 0,02% (2 personnes pour 10 000 habitants)
et 0,16% (16 personnes pour 10 000 habitants),
suivant que les études viennent d'Europe,
des États-unis ou du Japon. C'est le japon
le pays le plus touché par ce problème.
- Dans une grande enquête
menée en France : "Marie Choquet et
S. Ledoux, Adolescents. Enquête nationale,
analyse et prospective, éditions INSERM,
1994", les auteurs posent la question de
leur santé auprès de 12 391
jeunes pour une population totale de 5 800 000.
Elle aborde les différents problèmes
de santé et de conduites à risques
auxquels ils peuvent être confrontés.
15 questions, sur les 274 de l'enquête,
concernent "troubles fonctionnels et sommeil".
. 85,9% pensent bien dormir
. 41,5% ont des difficultés d'endormissement
. 19,2% font fréquemment des cauchemars.
. Le temps de sommeil quotidien moyen est de 8,7 heures
. 49,6% se lèvent fatigués,
. 42,9% ont souvent l'impression d'être fatigués,
. 6,9% s'endorment dans la journée".
Les auteurs posent l'hypothèse des différences dans les transports pour expliquer ces résultats. Aucune explication sur les problèmes spécifiques de vigilance et d'hypersomnolence.
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- Ces résultats sont à rapprocher de l'enquête
faite en 2004 par la SOFRES pour le compte de l'ISV : "La somnolence :
un problème fréquent"
. 54% des français se sentent somnolent dans la journée
alors qu'ils ont correctement dormi
. 13% ressentent cette somnolence au moins 4 fois par semaine
. 7 français sur 10 sont concernés
. 35% se sentent somnolents à la fois au réveil et en journée
. 30 % seulement des français ne ressentent aucune somnolence.
Bien que cela ne vise pas la même population, certaines comparaisons peuvent
se faire. L'une des conclusions les plus évidentes
en ce qui concerne la somnolence c'est qu'elle
apparaît sous-évaluée dans
l'enquête INSERM de 1994. Ce n'est que lorsque
la question est posée directement et spécifiquement
que les personnes révèlent leurs
difficultés de somnolence. Y a-t-il surévaluation
dans ce cas-là ?
Dépistage et
études réalisées :
D'après une enquête
faite parallèlement à Montpellier
(Dr Y. Dauvilliers) et à Montréal
(Dr J. Montplaisir), portant sur 300 personnes
narcoleptiques diagnostiquées à
Montpellier et 189 diagnostiqués à
Montréal, il apparaît que le diagnostic
de narcolepsie est porté de plus en plus
précocement.
retour
En effet le délai moyen
entre l'âge d'apparition des premiers signes
et l'âge du diagnostic était de 14,1
ans de 1970 à 1980. Cette étude
est valable pour une région bien équipée
comme celle de Montpellier. Cependant, une étude
récente, sur toute la France, semblerait
montrer que ce délai ne s'est pas raccourci
autant qu'on le pensait et qu'il reste en moyenne
de 10 ans, pour l'ensemble des narcoleptiques
diagnostiqués quel que soit leur âge.
Cependant ce qui est encourageant, c'est que de
plus en plus de malades sont diagnostiqués
précocement. Ce qui démontre l'utilité
des actions menées à la radio, à
la télévision, dans différents
journaux en vue d'une meilleure diffusion des
signes de la narcolepsie.
nombres d'habitants |
pourcentage estimé |
0,021 |
0,03 |
0,05 |
0,16 |
en France 60 000 000
surcent milles habitants 100 000
département moyen 610 000
petite ville 8000
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| Ce tableau, dont les chiffres sont arrondis, permet de voir les grandes différences des résultats dans les estimations du nombre total de personnes narcoleptiques en France en fonction des pourcentages qui sont estimés à partir des études épidémiologiques dans le monde. Les écarts entre les chiffres semblent dus à deux causes : la première est celle de la différence des critères, pris en compte pour définir les personnes narcoleptiques, et des modalités de l'enquête, la seconde semble être que la prévalence est différente suivant les pays et même les régions sans avoir d'explications à ce sujet. |
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En France, le nombre de personnes diagnostiquées
se situerait autour de 6 000 personnes.
Le nombre de personnes effectivement suivies
est inférieur et on note une très
grande disparité entre les départements.
Par exemple en Loire-Atlantique le nombre de
diagnostiqués est d'environ 50 (sur les
200 estimés) mais, les indices utilisables
montrent qu'il n'y en aurait que entre 2 et
5 en Vendée. Est-ce dû à
une moindre fréquence, à un dépistage
insuffisant (formation des médecins …)
ou au fait que les personnes atteintes, mal
informées, ne considèrent pas
que la somnolence peut être une maladie
et qu'alors, elles ne consultent pas ?
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Les âges concernés :
Tous les âges sont concernés et la maladie peut se déclarer à des moments très différents de la vie des personnes. Cependant il existe des pics de fréquence dans le diagnostic de la maladie. Cela pose le problème de la date exacte du commencement des troubles dans la mesure où ceux-ci sont survenus en moyenne 10 ans avant l'établissement correct du diagnostic. Il semble donc difficile de définir avec certitude l'apparition de la maladie : des épisodes ont pu exister avant le diagnostic mais soit ils sont passés inaperçus de la personne, soit ils ont été attribués à d'autres causes, soit ils ont été mal interprétés et minimisés par le médecin traitant, soit ils ont fait l'objet d'un diagnostic erroné qui ont conduit la personne malade à passer entre les mains de différents "spécialistes" qui n'ont pas pu éclaircir le doute ou "corriger" le mauvais diagnostic de départ.
- Même s'il y a
de plus en plus d'enfants diagnostiqués
très jeune, il y a encore très
peu de jeunes enfants diagnostiqués comme
narcoleptiques.
- Le premier pic, en importance, dans les diagnostics est celui de l'adolescence.
- Le second pic, moins important que le premier est celui de l'âge adulte aux environs de 35 ans.
- Plus l'âge avance et moins il y a de diagnostic de narcolepsie. Cela semble dû à deux causes d'une part ceux dont la maladie s'est déclarée depuis longtemps mais qui, pour diverses raisons, n'ont jamais été diagnostiqués ont appris à vivre avec les symptômes de leur maladie… et ils continuent de le faire sans consulter. D'autre part, on observe que certains troubles s'atténuent cliniquement avec l'âge. En particulier dans les accès de cataplexie qui sont donnés comme plus rares avec de multiples raisons explicatives, essentiellement psychologiques, mais dont aucune ne semble prévaloir sur les autres.
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Les problèmes
posées par les études épidémiologiques
:
Des différentes
études épidémiologiques il
ressort qu'un certain nombre de constats peuvent
soit expliquer les faiblesses médicales françaises
dans le dépistage de ces troubles soit donner
des pistes, la voie à suivre ou les écueils
à éviter pour d'autres études
sur le dépistage de ces troubles. En effet
à quoi sert-il de dépister si, par
la suite, les personnes ne peuvent être ni
diagnostiquées complètement, ni soignées
efficacement, ni suivies annuellement dans leur
traitement comme le prévoit les textes officiels
sur la santé.
- Le manque de formation médicale. Un médecin généraliste, durant tout son cursus de formation universitaire initiale, n'aura eu en tout que 2 à 3 heures de formation dans un module comprenant l'étude des fonctions du sommeil en général, les différents troubles qui s'y rattachent que sont les insomnies, les syndromes d'apnées du sommeil, les parasomnies, les hypersomnies aussi bien pour le jeune enfant que pour l'adulte et la personne âgée etc. … . 2 heures en 5 ans de formation environ pour ce qui occupe un tiers du temps de notre vie et pour ce qui présente un fonctionnement physiologique, électroencéphalique, physique, mental relativement différent de celui de la veille !
- La nécessité d'un réel dépistage et d'un suivi continu. Le rapport entre le chiffre des personnes réellement diagnostiquées dans une région donnée et ce qu'il devrait être selon les études épidémiologiques est très inégal suivant les régions, sans qu'aucune étude ne permette sérieusement de comprendre la signification des différences parfois énormes qu'il y a entre les deux chiffres. Or, il apparaît essentiel, compte tenu en particulier des textes de décembre 2005 sur la conduite automobile et la santé des conducteurs de faire des dépistages sérieux de ces problèmes. Il serait en effet kafkaïen de pénaliser des "personnes narcoleptiques non diagnostiqués" pour des problèmes de santé qu'ils ignorent. Cependant, il ne suffit pas de dépister, faut-il encore pouvoir soigner correctement et assurer le suivi des personnes malades.
- Le nombre de centre du sommeil : certes, des centres du sommeil existent, ils sont de plus en plus nombreux en France. Le nombre de médecins qui s'engagent pour obtenir des moyens augmente lui aussi, malgré les difficultés dans leur possibilité d'avancement. Le délai moyen d'attente entre la demande et la consultation pour le diagnostic se situe autour de 6 mois. Les personnels médicaux, s'ils peuvent établir un diagnostic, enfin sérieux et libérateur, pour les personnes narcoleptiques qui jusqu'ici galéraient sans aide, n'ont pas encore découvert le don d'ubiquité. Leur nombre est insuffisant. En effet, selon les textes et les recommandations de l'AFSSAPS, un narcoleptique prenant du Modiodal, médicament d'exception, doit obligatoirement voir le médecin somnologue qui a posé le diagnostic tous les ans, sachant que la prescription d'un médicament d'exception ne peut excéder 6 mois. Un certain nombre de médecin généraliste d'ailleurs, ignorant les conditions de prescription de ces médicaments les renouvelle sans recours au suivi annuel du médecin somnologue.
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- La confusion
avec d'autres pathologies est un problème
récurrent. Comment un médecin
généraliste, insuffisamment formé
de surcroît, aux problèmes et aux
pathologies du sommeil, dans son cursus universitaire,
peut-il faire correctement l'obligatoire diagnostic
différentiel ? Dans un département
moyen, 1 médecin sur 5 a la possibilité
d'avoir un patient narcoleptique ou bien, dit
autrement, un patient narcoleptique dispose
pour lui seul du choix de 5 médecins
qui, tous, ont de très fortes probabilités
de ne pas connaître cette maladie rare.
Ce ou cette malade qui s'écroule dans
la salle d'attente sous l'émotion ou
qui continue à dormir quand le médecin,
qui ne connaît que son nom, l'appelle
pour entrer dans son cabinet, qui est-il ? Encore
une personne alcoolique de plus, qui n'a même
pas pris la précaution de s'abstenir
de boisson avant de venir le voir ? Une
personne " histrionique" qui vient
faire son cinéma hystérique ?
Une personne paresseuse qui profite du moindre
instant pour se laisser aller sans vergogne
dans les bras de Morphée ? Une personne
fatiguée, déprimée, en
manque de calcium, de magnésium, de potassium,
de lithium tous ces bons produits qui contribuent,
sans carence, à faire de vous des "hommes"
! Bref, en toute bonne foi et en bonne statistique,
chaque médecin généraliste
dispose de beaucoup plus de probabilités
d'erreur que de réelles capacités
à poser d'emblée le bon diagnostic.
De plus, mais il ne le sait pas encore, notre
"bon" médecin généraliste,
a devant lui un individu potentiellement dangereux,
éventuellement futur assassin au volant,
si on le laisse en liberté et pour lequel
il va devoir, éventuellement, se compromettre
à établir un hasardeux certificat
médical destiné aux médecins
de la commission médicale départementale
des permis de conduire qui, en général,
n'en savent pas plus que lui sur la question
du sommeil et de la narcolepsie. Quels …….
ces narcoleptiques !
Si, de surcroît, par un malheureux hasard, cette personne a glissé malencontreusement, dans la conversation, que le soir en s'endormant, il lui arrivait de voir des choses qui n'existaient pas ou d'entendre des voix qu'elle ne comprenait pas, c'est la consultation assurée auprès du confrère psychiatre, logé à la même auberge espagnole que les autres en ce qui concerne les troubles du sommeil. Schizophrène halluciné, hystérique histrionique, dépressif non compliant, maniaco-dépressif en perpétuelle hyperactivité, le psychiatre n'a que l'embarras du choix pour les erreurs d'aiguillage … de diagnostic bien entendu.
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Pourquoi dépister
socialement ?
C'est un leitmotiv récurrent, chaque pathologie souhaite qu'un effort de dépistage soit fait en ce qui la concerne. Nous partageons cette 'normalité-là' avec beaucoup d'autres pour de multiples raisons:
-
Cela permettra à plus de 10 000 personnes qui l'ignorent de connaître les raisons de la galère dans laquelle elles vivent.
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cela évitera
que des jeunes soient, à tort, considérés
comme des paresseux et qu'ils en soient marqués
toute leur vie.
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cela permettra, à ceux qui en sont capables, de poursuivre des études supérieures avec des conditions adaptées à leur situation pour réussir.
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Cela permettra à tous d'obtenir un statut professionnel correct, malgré leur handicap.
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Cela
permettra à ceux qui travaillent déjà,
mais sont sur le point de se faire licencier
pour insuffisance ou pour faute, de pouvoir
obtenir les aménagements qui leur sont
nécessaires pour mieux travailler encore.
-
Cela
évitera qu'une personne prenne le volant
et ait un accident parce qu'elle ignore ce
qu'elle doit faire pour ne pas en avoir, en
fonction de son handicap . Elle pourra alors
continuer à prendre sa voiture, en
toute connaissance de cause, en étant
encore beaucoup plus prudente que la moyenne
de la population, car, elle saura.
-
Cela évitera que des personnes se renferment chez elles parce qu'elles ne savent pas ce qu'elles ont. Cela engendre la peur des manifestations gênantes d'un réel handicap qu'elles ignorent.
retour
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