|
|
|
|
| |
La Maladie > Le dépistage |
L'examen
diagnostic de l'hypersomnie
Cet examen, dans l'idéal,
est fait par un laboratoire du sommeil. Si les deux
composantes narcolepsie et cataplexie sont retrouvées,
le diagnostic est immédiat. S'il y a doute
ou simplement la narcolepsie, cela nécessite
des examens complémentaires complexes : examen
sanguin, tests itératifs de latence d'endormissements
(TILE) et enregistrement polysomnographique de la
nuit complète.
Le TILE consiste, au
cours de 5 séances, dans la journée,
à isoler la personne en position allongée
tout en enregistrant son électro-encéphalogramme
et d'autres constantes biologiques (rythmes cardiaque
et respiratoire, mouvements musculaires et oculaires.
... Si rien ne se passe durant 20 minutes la séance
est arrêtée. Si la personne s'endort,
le test continue jusqu'à son réveil.
En théorie, la personne narcoleptique devrait
s'endormir à chaque fois et, au moins 2 fois
sur 5, se mettre en phase de sommeil paradoxal. L'examen
de sang est une recherche des allèles chromosomiques.
Ces allèles sont ceux que l'on retrouve dans
la presque totalité des cas de narcolepsie,
mais aussi chez des personnes normales. Ils sont en
rapport avec des maladies de type auto-immun.
Le diagnostic
différentiel des différentes hypersomnies
Il faut veiller à
ne pas confondre la narcolepsie,
l'hypersomnie idiopathique ou le syndrome de Kleine
Levin avec d'autres hypersomnies.
Certaines peuvent
avoir des causes organiques comme :
-
L'hypersomnie secondaire à
une cause neurologique : tumorales - vasculaires
ou dégénératives.
-
Les tumeurs du III ème
ventricule donnent en particulier maux de têtes,
vomissements et problèmes oculaires ...
-
L'hypersomnie post-traumatique
qui peut se déclarer dans un délai
de 6 à 18 mois, en particulier le syndrome
subjectif des traumatisés crâniens,
-
L'hypersomnie consécutive
à des accidents vasculaires cérébraux,
-
L'hypersomnie secondaire à
une cause infectieuse (mononucléose
infectieuse - Guillain-Barré - encéphalites,
trypanosomiases, hépatites virales)
-
L'hypersomnie secondaire à
une cause métabolique ou endocrinienne
(hypothyroïdie ou acromégalie
entraînant un SAS - grossesse...)
-
L'hypersomnie liée à
des manifestations douloureuses nocturnes
-
Le syndrome des mouvements périodiques
des membres (impatience ou jambes sans repos),
-
les pathologies ventilatoires
nocturnes, comme le syndrome d'apnées
du sommeil (SAS) ou le syndrome de résistance
des voies aériennes supérieures
(SRVAS)...,
-
Le syndrome de retard de phase
(vigilance normale l'après-midi et
le soir)
-
Les "longs" dormeurs
-
Le syndrome de fatigue chronique
("alpha-delta sleep")
D'autres sont d'origine
psychiatrique :
- Le syndrome de privation de
sommeil
(6% des motifs de consultation pour hypersomnolence)
- L'hypersomnie liée
à une dépression
(10% des motifs de consultation pour hypersomnolence)
- les états dépressifs
s'inscrivant dans un trouble bipolaire et modifiant
la structure du sommeil,
- les états psychotiques
associés à des troubles du comportement,
des conduites alimentaires ou sexuelles,
- les états névrotiques
avec syndrome dépressif
lorsque l'examen clinique retrouve des traits
de personnalité avec mise en scène
plus ou moins théâtrale des troubles.
Les facteurs déclenchants sont alors
d'ordre affectif ou émotionnel
Narcolepsie : dépistage et prévention
Voici, pour les
gens pressés ou pour ceux qui ont besoin
d'un document court,
un résumé sur les caractéristiques
essentielles de cette maladie.
Il est fait pour être utilisé librement,
mais la mention du site de l'ANC ne peut que nous
faire plaisir
Narcolepsie
Elle est aussi
appelé syndrome de Gélineau du nom
du médecin militaire qui, le premier, a
complètement décrit ces symptômes.
Ceux-ci comprennent deux versants : celui de la
narcolepsie et celui de la cataplexie. En théorie
il faut les deux versants pour "signer"
la maladie, cependant on trouve plus de 20% des
personnes qui n'ont que le versant narcolepsie.
Il y a donc une certaine ambiguïté
dans le terme narcolepsie qui désigne à
la fois l'ensemble de la maladie et l'une des
composantes de cette maladie.
La narcolepsie proprement dite est l'impossibilité
de s'empêcher de résister à
des accès de somnolence durant la journée.
Ces accès peuvent être courts ou
longs (de quelques secondes à plusieurs
minutes, voire plus ou moins un cycle de sommeil).
Les personnes peuvent être de petits dormeurs
ou de grands dormeurs ; cela est indépendant
de la maladie. Il ne faut pas confondre avec l'hypersomnie
idiopathique où les gens dorment obligatoirement
beaucoup sans restauration des capacités.
En général quand le narcoleptique
sort de son accès; il a récupéré
ses facultés et est pratiquement aussitôt
en capacité de se remettre à travailler.
Donc pas ou peu de temps "vaseux" avant
la remise en activité.
De fait, le cerveau est en situation identique
à celle du sommeil paradoxal mais conserve
un certain tonus musculaire.
Cataplexie
C'est
la perte brutale de tonus, perte totale ou partielle
(souvent muscles du visage). C'est souvent sous
l'emprise d'une émotion forte : rire (surtout),
colère, etc.. La personne peut être
seule et simplement "penser" à
quelque chose de drôle ou de "cochon"
!
De fait, le corps se comporte comme si la personne
était en phase paradoxale physiquement
mais le cerveau reste conscient. Cependant, si
la personne ne bouge plus et ne manifeste rien,
elle entend et est consciente de son environnement.
Signes
secondaires
C'est
le fait au cours d'un éveil d'être
dans l'incapacité de bouger. Le cerveau
est conscient mais le corps est en totale hypotonie
sans capacité de le commander. Ce fait
peut être vécu de façon angoissante
par certaines personnes, surtout au début
de la maladie.
c'est
le fait d'avoir des "idées de rêves"
(ou des "flashs" de pensées oniriques)
peu structurées en début ou en fin
de nuit ; avant de se coucher ou en se réveillant
après une sieste. Dénommées
hypnagogiques avant l'endormissement et hypnopompiques
après, elles n'ont rien à voir avec
les pompes à vélo !
(Du pain bénit
pour les psy
. !) C'est le fait de vivre
comme très réel des pensées
de l'ordre du rêve (de façon différente
des "pensées hypnagogiques ou hypnopompiques"
qui ont l'apparence incohérente des rêves).
Il y a adhésion et sentiment fort de réalité
à l'objet halluciné jusqu'à
ce que la "preuve" de l'hallucination
soit faite, souvent dans la rencontre avec une
autre personne. A la différence des processus
psychotiques, le narcoleptique ne s'accroche pas
à ses hallucinations ; il les subit. Les
gens n'osent pas en parler aux médecins
de peur de passer pour fou. C'est d'ailleurs un
fait fréquent que les narcoleptiques soient
pris pour des schizophrènes par des psychiatres
qui tiennent mordicus à leur diagnostic.
De fait, la narcolepsie ne protège pas
des troubles psychotiques mais, dans la très
grande majorité des cas, les vécus
et les réactions des personnes ne sont
pas celles de la personnalité psychotique.
Ces hallucinations peuvent être visuelles
(voir une personne entrer dans la pièce)
auditives (entendre
"des voix"
dans sa tête) ou tactiles (avoir des ressentis
corporels sans rapport avec la réalité).
Ils peuvent être vécus de façon
angoissante, surtout au début, ensuite
soit la personne n'y fait plus attention (comme
pour le petit bruit bizarre dans une vieille voiture
!) soit elle peut même s'en amuser.
Le diagnostic
Il est fait, en
général, par un laboratoire du sommeil.
Si les deux composantes narcolepsie et cataplexie
sont retrouvées, le diagnostic est immédiat.
S'il y a doute ou présence de la seule
narcolepsie, cela nécessite des examens
complémentaires complexes : examen sanguin,
test de latence du sommeil dans la journée
et enregistrement polysomnographique de la nuit
complète. Le test de latence consiste,
5 fois dans la journée, à isoler
la personne couchée en enregistrant son
électro-encéphalogramme et d'autres
constantes biologiques. Si rien ne se passe au
bout de 20 minutes la séance est arrêtée,
si la personne s'endort, le test continue jusqu'au
réveil. En théorie, la personne
narcoleptique devrait s'endormir à chaque
fois et au moins 2 fois atteindre le sommeil paradoxal.
L'examen de sang est une recherche des allèles
chromosomiques. Ces allèles sont ceux que
l'on retrouve dans la presque totalité
des cas des narcoleptiques, mais aussi chez des
personnes normales. Ils sont en rapport avec des
maladies de type autoimmun.
Sans
faire de publicité et sans être exhaustif
!
Il faut deux types de médicaments pour
traiter les deux aspects de la maladie.
La narcolepsie se traite essentiellement par le
modafinil (marque : Modiodal®) c'est une molécule
éveillante qui traite les symptômes
de la maladie. Elle ne "soigne" pas.
Quand le modafinil ne marche pas (20% des cas)
on passe aux amphétamines (Ritaline®
en particulier) avec des effets secondaires plus
marqués. Un nouveau médicament le
Xirem® a obtenu l'AMM pour la narcolepsie.
La cataplexie se traite par des médicaments
psychiatriques faiblement dosés (Anafranil®
en particulier). Le mauvais sommeil de nuit se
traite par les médicaments classiques de
type hypnotiques non benzodiazépiniques
ou hypnotiques benzodiazépiniques.
Hypothèses de compréhension
(voir plus)
Avant
1960
Maladie
sans hypothèse mais toujours considéré
comme maladie non psychosomatique par les livres
et les dictionnaires de médecine. Certains
psychiatres et certains psychanalystes ne doivent
pas savoir les lire car ils s'obstinent à
faire des interprétations psychopathologiques
aux troubles ! On pensait que c'était dû
à des microlésions cérébrales
parce que l'on retrouvait parfois des faits d'accidents
dans l'histoire des malades. Cette hypothèse
peut se relire à travers l'hypothèse
de la maladie autoimmune à déclanchement
environnemental.
Les
dernières découvertes
Elles
sont deux (hypocrétine 1 et hypocrétine
2) découvertes en 1998, presque simultanément
par deux équipes, l'une américaine
et l'autre japonaise, dans le cadre de recherche
sur le sommeil et sur les troubles de l'alimentation
(d'où le nom aussi d'orexine A et orexine
B). Elles pourraient être, selon l'une des
hypothèses soutenue par l'équipe
américaine d'Emmanuel Mignot, les molécules d'activation générale du système
nerveux central.
Maladie
auto-immune
Actuellement de nombreux
travaux de recherches sont effectués à
l'étranger et en France (Ex: Christelle
Peyron à Lyon, chercheur en biologie sur
des modèles animaux.). Ces recherches sont
axées sur la narcolepsie, maladie auto-immune
(donc à composante génétique)
et à déclenchement situationnel.
Une maladie auto-immune
est le fait que notre corps fabrique des anticorps
pour détruire des cellules ou des éléments
constituants son propre fonctionnement. Ce sont
donc des maladies graves qui dans certains cas
mettent en cause le pronostic vital. Des études
en psychosocial, en neuropsychologie et en psychologie
cognitive, ont montré que ce serait l'accumulation
de stress qui occasionnerait la rupture et le
mauvais fonctionnement de la barrière de
défense auto-immune et une fois cette barrière
rompue l'installation irréversible de la
maladie, dans le cas de la narcolepsie. Les neurones
à hypocrétines feraient donc partie
des responsables du système de vigilance,
mais leur fonctionnement précis reste encore
à déterminer.
Gène
et maladie génétique ?
Il faut savoir que la
narcolepsie humaine (contrairement aux modèles
animaux) n'est qu'exceptionnellement associée
à des mutations des gènes hypocrétines
et que les tentatives pour mettre en évidence
un mécanisme auto-immune dans la narcolepsie
n'ont pas complètement abouti sur ce modèle-là.
La narcolepsie humaine n'est pas une maladie génétique
au sens strict. Cependant, des études récentes
indiquent que les cellules hypocrétines
manquent chez les patients narcoleptiques et l'hypothèse
de la maladie auto-immune reste donc à
développer.
En effet, seuls quelques
milliers de neurones de l'hypothalamus latéral
expriment l'hypocrétine. Une destruction
rapide de ces neurones par un processus auto-immune
pourrait aisément rendre compte des caractéristiques
cliniques de la narcolepsie. Les cellules qui
expriment l'hypocrétine constituent un
groupe réduit et impossible à distinguer
par d'autres critères, l'étude de
leur destruction dans le cerveau humain est donc
très complexe et pourrait avoir échappé
aux analyses neuropathologiques effectuées
jusqu'à maintenant.
Si cette hypothèse se confirme par les
recherches en cours, on pourrait penser que le
rétablissement des fonctions neurotransmettrices
de l'hypocrétine agirait sur les symptômes
des patients narcoleptiques plus efficacement
que le modafinil, les amphétaminiques ou
les antidépresseurs.
Problèmes du traitement (voir plus)
la
barrière hématoencéphalique
Le problème
est que les hypocrétines, grosses molécules
protéiniques, ne traversent pas la barrière
hématoencéphalique. Actuellement,
on ne peut donc les apporter sans dommage grave
directement au cerveau. Injectées en dehors
du cerveau, elles ne peuvent y parvenir. Les injecter
dans le cerveau est impensable déontologiquement
en terme d'expérimentation.
Par contre, le développement d'agonistes
des récepteurs de l'hypocrétine résoudrait
ce problème, à condition qu'ils soient
dépourvus d'effets secondaires toxiques et
rédhibitoires. Il existe des molécules
qui peuvent être apportées en dehors
du cerveau, qui peuvent passer cette barrière
hématoencéphalique de protection et
dont le cerveau peut se servir pour synthétiser
l'hypocrétine. Malheureusement, 3 ans d'études
sur l'une de ses molécules, faites jusqu'ici
par le laboratoire Céphalon ('ex Lafont'
) ont abouti chez les animaux à montrer son
efficacité dans le traitement de la narcolepsie
et à leur abîmer ce même cerveau
du fait de la toxicité du produit.
Autres
utilisations des hypocrétines
La pharmacologie des
hypocrétines trouverait aussi d'autres
applications, en tant qu'hypnotiques ou comme
antidépresseurs. La narcolepsie ne sera
pas la seule maladie à bénéficier
de ces recherches, mais aussi d'autres maladies
du sommeil et certaines formes de dépression.
Ces apports vont sans doute aussi amener la psychiatrie
à revoir la conception de la dépression
et l'abord thérapeutique de certaines de
ses formes.
Nota : la partie sur les hypocrétines
s'inspire largement du texte d'Emmanuel Mignot,
"Hypocrétine (orexine) et narcolepsie:
dormir ou dîner"
- La lettre des Neurosciences - Bulletin de
la Société des Neurosciences n°20"
|
|
|
|
__________________________________________________________________ |
|
|